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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 00:33

J'apprends ce soir en regardant les infos que Michel Delpech est décédé. Sans être une fan j'aimais bien ses chansons, et aussi la simplicité et la discrétion de l'homme. Ce n'est évidemment pas facile de choisir un titre parmi ses succès pour illustrer ce billet, mais puisqu'il faut faire un choix, je dois dire que j'ai hésité entre Le Loir-et-Cher que j'aimais beaucoup quand j'étais petite, sans doute parce que ça parlait de la campagne que j'aime, même si ce n'est pas celle du Ségala, et celle-ci, Le chasseur, qui me réconcilierais presque avec les chasseurs!

Le pauvre n'aura pas atteint les 73 ans qu'il évoquait dans Quand j'étais chanteur.

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Commis par La Ségaline
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commentaires

Fleurdelys 11/01/2016 17:30

Paix aux mânes de cet homme qui fut certainement très estimable à titre personnel.
Je viens de voir, par pur hasard, une entrevue télévisée lors de laquelle l'intéressé, tout comme S. Gainsbourg, déclarait que la chansonnette dans laquelle il avait un temps fait fortune, n'était même pas un art mais un genre mineur. Cette lucidité ne fait que me rendre le personnage plus sympathique alors surtout, que venant d'écouter un air de Mozart chanté par la Callas, il a ajouté qu'il avait le sentiment de n'être qu'un insecte comparé à cette immense artiste. Ceci étant dit et alors que ces idoles sont adulées par les masses incultes, j'enrage de voir qu'on les encense de façon inouïe alors que la disparition de véritables artistes ne fait l'objet que de vagues et incertaines mentions. Mais en France, depuis la révolution, on ne cultive que l'extrême médiocrité en pourchassant l'art véritable et l'excellence : il faut être "peuple" et faire croire au peuple qu'il n'est bon que pour ce que Proust nommait "la littérature stercoraire" (à vos dictionnaires), bref ce que le général Cambronne appelait plus directement en langage militaire la "merde". En Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni on cultive l'excellence dès le plus jeune âge et la vraie musique est reine en ces pays qui fournissent les meilleurs orchestres du monde (classiques cela va de soi). Une anecdote authentique à méditer puisée dans les Mémoires d'Outre-Tombe: l'immense Chateaubriand se rendant à Prague pour y visiter Charles X son Roi contraint à l'exil s'arrête dans une modeste auberge autrichienne : le soir, après souper (comme on disait alors) une des modestes servantes se met au piano (car en ce pays on était assez civilisé pour installer un piano dans une auberge) et interprète pendant la soirée des airs de Rossini (la gloire de l'époque, "too much" comme on dit maintenant). Soit dit en passant, personne n'imagine que descendant même dans un hôtel de luxe, il puisse entendre une des serveuses se mette à interpréter du Boulez sur un instrument quelconque, fût-ce une casserole.
Conclusion: le système éducatif actuel et les médias sont les esclaves de ce que les Romains appelaient la plèbe. Le cap Nord c'est de complaire en tout à la plèbe : plus c'est bas et vulgaire mieux c'est car plus ça rapporte. Je n'en veux nullement à MM. Gainsbourg et Delpech, ils ont utilisé un courant porteur pour se faire une situation et nul ne saurait les en blâmer : à leur place j'en eusse peut-être fait tout autant. Ce qui m'alarme, c'est que l'on infuse dans l'âme des jeunes générations qu'un succès factice qui n 'est que l'écume d'un néant absolu doit être regardé comme le pur génie : il paraitraît que la mesure du talent se fait au prorata du nombre de disques vendus. Quiconque réfléchit deux secondes mesure l'inanité d'un tel propos. L'Art de la Fugue de J-S Bach ne suscite toujours pas de production de masse mais on peut dire que c'est tout à la fois le Képhren , le Chéops et le Mykérinos de la musique occidentale (la seule vraie musique universelle : les artistes chinois, japonais ou coréens devenus de grands maîtres en musique classique sont désormais innombrables, mais je n'ai pas ouï dire que des occidentaux fussent devenus des maîtres en musique chinois, japonaise ou coréenne qui pour être fort intéressante ne joue pas du tout dans le même registre que la musique classique européenne (on peut situer ces musiques au même niveau que nos musiques provinciales ('auvergnate, bretonne, basque, provençale etc...).

Fleurdelys 05/01/2016 22:13

Deux Michel s'en sont allés à vingt-quatre heures d'intervalle. Pour Delpech, je n'en dirai rien. Sans doute l'homme était-il estimable. De là à en faire une gloire nationale il me semble qu'il y a un pas à ne pas franchir : ce n'était ni un musicien ni un poète, mais tout au plus un honnête saltimbanque pour noces et banquets et petits bals de campagne, ce qui est tout à fait honorable et même nécessaire mais n'équivaut pas au génie.
En revanche Galabru était un monument de l'art théâtral français formé à la rude, prestigieuse et splendide école de la Comédie Française; je suis d'autant plus heureux d'être allé l'admirer en 2014 au festival de théâtre de Figeac dans les "lettres de mon moulin" d'après A. Daudet où jouant avec son fils Laurent, il était éblouissant de talent, de verve et pour tout dire de jeunesse (celle de l'esprit, bien entendu). Galabru était tout simplement immense. C'est un peu le phare d'Alexandrie qui vient de s'abîmer dans la mer.

La Ségaline 06/01/2016 08:01

Je partage assez votre point de vue quant à ces deux Michel Si j'apprécie d'entendre les chansons de Delpech et que je trouve qu'il est un formidable mélodiste, en effet je pense que l'hommage quasi national qui lui a été rendu a sans doute été un peu exagéré. Pour ce qui est de Galabru son talent au théâtre a été je crois largement sous estimé, voire ignoré du grand public, ainsi quand la télévision a décidé de bouleverser ses programmes à quoi a-t-on eu droit? "Le gendarme de St-Tropez", film populaire et sympathique mais certes pas un chef d’œuvre, d'autant plus qu'il y tient un rôle secondaire. Ce n'est pas dans ce genre de film qu'il a donné la pleine mesure de son talent, et il me semble que l'occasion aurait été propice à montrer une facette de sa carrière moins connue et plus glorieuse.

Axel21 04/01/2016 16:39

L'homme était sans doute plus intéressant que ses chansons, mais je reconnais qu'il servait à emballer dans les bals populaires... Bonne année Ségaline/

Le Mousquetaire des Mots 03/01/2016 14:08

Bonjour Ségaline,
On est toujours trop jeune pour mourir. 73 ans, c'était l'âge de mon père quand il nous a quittés. M.D. n'avait pas atteint cet âge. J'aimais bien ses chansons. Et particulièrement la première dont tu as ravivé le souvenir. En revanche je ne me souviens pas de 'Quand j'étais chanteur". Il est vrai que je n'ai jamais été "chansonnettes". Pour ce qui est de la beauté du loir et cher, je confirme. J'aime beaucoup la campagne, même si je vis en ville. J'ai participé à une chasse en Sologne où je jouais au rabatteur. je n'en garde pas un souvenir ébloui. En fait, j'ai trouvé cela dégradant : les animaux n'avaient aucune chance. Mon seul plaisir a été la rage de mon oncle : les faisans s'envolaient devant nous, en couple, et leur chasse n'était pas encore ouverte. C'était comme un pied de nez de la nature dont les hommes régulent certains aspects. Ce jour-là, il est revenu avec une tourterelle et un lièvre. Maigre butin pour un homme armé d'un fusil. Mon dégoût face à ces cadavres encore chauds n'a pas échappé au regard de l'oncle qui me regardait avec mépris.

Agatheb2k 03/01/2016 13:31

:( Ah cette fichue embellie avant le grand départ !
http://www.youtube.com/watch?v=akSnSGkb10Q

Sirius 03/01/2016 09:19

Que dire de plus, sinon que, comme souvent, je partage ton avis sur la personne concernée... Je confirme que la campagne du Loir et Cher n'a rien à voir avec celle du Ségala! En particulier la Sologne, où la pression cynégétique est aussi omniprésente et écrasante. Là, pas d'humbles chasseurs comme celui de Michel Delpech, mais de grosses pointures, souvent venues de loin, qui n'aiment pas qu'on arrête sa voiture pour faire pipi sur leur dissuasive clôture de barbelés...

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