Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 18:10

L’autre jour en salle des profs certaines de mes collègues étaient assez désabusés : le proviseur venait de commenter le dernier classement des lycées paru tout récemment, celui où je travaille étant bon dernier ou presque, apparemment comme d’habitude. Ce classement ne veut pas dire grand-chose étant donné que ce lycée ne possède pas de filière technologique, il y a donc une part importante de réorientation après la Seconde, les taux de réussite ne sont forcément pas les mêmes que d’autres établissements où toutes les filières sont représentées, etc. Là où une collègue a pris un coup de massue c’est lorsqu’elle a entendu le proviseur dire qu’il voyait assez bien pourquoi leurs résultats n’étaient pas bons, et que la solution était entre les mains des enseignants. Elle a fait répéter, croyant que son oreille avait fourché : que nenni point du tout. En fait en discutant avec les uns et les autres j’ai compris que le problème était que ce lycée était finalement trop exigeant par rapport aux autres, et que donc la solution pour avoir de bons résultats était de faire comme ailleurs : surnoter ! On comprend mieux pourquoi certains profs, consciencieux, ont le bourdon : il faudrait désormais mettre des notes non plus pour évaluer le niveau réel des élèves mais bien pour satisfaire aux statistiques…

Déjà on voit les élèves venir se plaindre de leurs notes au bac blanc, chose qui apparemment n’était pas de mise il n’y a pas si longtemps, et qui devient quasi systématique, sans parler des parents qui eux aussi viennent soutenir leurs chères têtes blondes qu’il ne faut pas assommer de travail, les pauvres…

 

Bref comme dit une collègue : « Il faudrait faire de la merde et en plus le faire avec le sourire ! »

Ah l’Éducation Nationale, c’est beau tout de même.

 

Partager cet article

Repost 0
Commis par La Ségaline
commenter cet article

commentaires

Fleurdelys 31/05/2016 09:01

Le traitement des professeurs va être augmenté juste avant l'élection présidentielle.
En bon français on appelle cela du clientélisme.

Fleurdelys 02/05/2016 21:38

On continue dans l'enfumage qui commence à ressembler à de l'anesthésie par gazage.
Flanby et sa serpillière commise à l'Education prétendument nationale annoncent à grands sons de trompe une augmentation de la rémunération des enseignants du primaire de l'ordre de 800 € par an (un an avant des élections générales qui s'annoncent comme un "clades" (prenez vos dictionnaires de latin). Les médias complices ou d'une ignorance crasse parlent d'une augmentation de salaire ce qui est archi-faux : il s'agit simplement d'une augmentation de primes...qui n'entrent pas dans le calcul des droits à pension de retraite. C'est donc prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.
Rappelons pour mémoire que l'Etat va donc ainsi mettre en oeuvre des pratiques qui sont sévèrement sanctionnées par les juridictions du Travail lorsqu'elles sont le fait d'employeurs privés... Vaste sujet de réflexion n'est-il pas vrai ?

Fleurdelys 25/04/2016 17:01

Oui, chère Ségaline, le mystère reste entier: c'est ce qui en fait la magie et la beauté. Ne cherchons donc pas à le dissiper, poursuivons à rêver éveillés.
Afin d'éclairer loyalement votre lanterne, je dois vous dire que je suis un fervent admirateur de Giacomo Casanova dont j'ai dévoré et quasiment appris par coeur l'extraordinaire "Histoire de ma vie" écrire directement en français par ce vénitien devenu ainsi l'un des plus grands et plus admirables écrivains français totalement méconnu puisqu'auteur d'un chef d'oeuvre toujours mis à l'index. Sa vie fut plus qu'un roman : un rêve ! Et pourtant il l'a vécue en étant l'un des personnages les plus en vue de son époque, aventurier de nature et tombant sans cesse de Charybde en Scylla, reçu par Louis XV et d'autres rois de l'Europe, par plusieurs Papes et ayant connu la paille humide des cachots, les bouges infâmes...Aucun romancier n'a eu l'audace d'imaginer une aussi folle épopée pourtant bien réelle (même si l'auteur y a apporté quelques enjolivements, ce qui n'a rien que de très naturel). Son évasion des Plombs de Venise reste un exploit absolument unique dans toute l'histoire de la Sérénissime.
Je vous écris cela pour que vous ayez une idée de ma nature profonde, mais hélàs, l'âge m'assagit. Il faut une fin à tout et la sagesse commande de s'en accommoder, ce que je fais plus mal gré que bon gré, mais enfin je commence à me plier à cette loi d'airain (non sans quelques ruades que le temps calmera comme le reste). Ce mystère entre nous, je le respire comme le parfum léger des fleurs que le printemps fait éclore. Qu'elles sont belles ces fleurs dans le Haut-Ségala où nous nous côtoyons sans le savoir !

Fleurdelys 07/04/2016 21:48

Mon épouse, professeur dans un collège public à Lyon, prendra sa retraite le 1er septembre prochain, ce qui signifie qu'elle cessera son service le 30 juin. Elle est à bout de souffle, l'ambiance est devenue irrespirable, les violences verbales, morales et même physiques des élèves sur les professeurs sont désormais le lot quotidien des professeurs auxquels leur hiérarchie répète comme une antienne que ce n'est pas grave et qu'il faut faire avec. Sur la porte de la classe de l'une de ses collègues, il a été écrit à la peinture et en lettres énormes "Unetelle, PUTE". La principale a indiqué à ce professeur que le collège n'avait pas les moyens matériels de faire effacer cette inscription laquelle était au demeurant sans aucune importance. Cette enseignante, lors de la journée "portes ouvertes" de samedi dernier, a fait admirer l'état des lieux aux parents d'élèves venant se renseigner sur l'inscription de leurs chérubins en 6ème : ils ont été édifiés et nombre d'entre eux lui ont dit qu'ils allaient choisir un autre établissement, fût-ce dans le privé...
Voilà où l'on en est.
Pour mon épouse qui a consacré quarante ans de sa vie à l'enseignement et à l'éducation des enfants, son départ du corps enseignant a un goût amer.
Et il y a encore des gens pour dire que les enseignants sont trop payés pour ce qu'ils font et qu'ils ont trop de vacances : ceux qui tiennent de tels propos devraient être lâchés pendant une semaine sans filet dans une classe quatrième. Il est indubitable que cela changerait leur façon de voir les choses.

La Ségaline 07/04/2016 22:21

Tout est dit hélas. Si je ne m'en fais pas pour moi car je ne suis que de passage dans ce qui fut la belle et grande maison de l’Éducation Nationale, je ne peux m'empêcher d'avoir des pensées émues pour ceux et celles de mes collègues qui, certifiés ou agrégés, feront carrière tant bien que mal jusqu'à la retraite... dans quelles conditions... Et plus égoïstement je me fais du souci pour mes propres enfants dont l’aîné vient d'entrer en collège: jusque là privilégié dans une formidable petite école de campagne, que l'on essaye chaque année de nous supprimer (et ils finiront par y arriver), il goûte à présent les joies d'un collège qu'une inspectrice en visite a récemment comparé à la banlieue toulousaine... Tout cela n'est guère encourageant et je n'ai plus qu'à espérer finalement qu'il décide de s'engager dans un CAP de boulangerie ce qui écourtera sa scolarité et lui fera entrevoir un avenir où il y a du travail pour qui s'en donne la peine! Reste à savoir s'il aura suffisamment de profs aptes à lui donner ce goût du travail et de l'effort... C'est pas gagné.

Agatheb2k 04/04/2016 18:15

J'y ai fait seconde, première et terminale, notée selon ma médiocre valeur... sans redoubler et j'ai quand même eu mon bac, mais c'était il y a bien longtemps.
Ma place préférée était le 1er rang devant le bureau, le coude sur le radiateur, les pieds sur l'estrade, la fenêtre ouverte pour regarder la place (la vitre faisant office de miroir), je faisais les devoirs de maths en cours de philo, le bon temps !

La Ségaline 24/04/2016 18:23

J'aime à penser que nous nous sommes croisés mardi dernier(j'étais à la mairie une partie de l'après--midi), que nous nous sommes peut-être vus sans nous reconnaître et que le mystère reste entier...

Fleurdelys 24/04/2016 14:57

Je suis passé mardi dernier à Teyssieu par une journée radieuse avec une petite halte à la sympathique "Table de la Tour". J'ai fait visiter le village et en particulier la fontaine à des amis qui ne connaissaient pas notre région : ils ont été conquis ! J'ai fort songé à vous en me disant que nous avions encore la chance de vivre dans une contrée si belle parce qu'à l'écart du monde. Mais pour combien de temps encore ? Nous sommes cernés par la bêtise, la laideur et la médiocrité, hélàs !
Je vous souhaite un magnifique printemps bien que l'heure soit à une humidité excessive qui commence à gâter mes fleurs.

Quezaco?

  • : Le blog de La Ségaline
  • Le blog de La Ségaline
  • : Billets d'humeur ou d'humour, réactions sur l'actu mais aussi grands et petits événements de ma vie
  • Contact

Me, Myself And I

  • La Ségaline
  • Ecrivain public, profondément rurale je revendique mon amour des bonheurs simples ainsi que mon droit à pousser des coups de gueule et des coups de coeur.
  • Ecrivain public, profondément rurale je revendique mon amour des bonheurs simples ainsi que mon droit à pousser des coups de gueule et des coups de coeur.

Recherche