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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 12:51

Après les attentats qui ont touché la France, et notamment la prise d’otages qui s’est déroulée dans une épicerie kascher, les forces de l’ordre sont déployées devant les lieux de cultes et les écoles juives et musulmanes, de peur de représailles des uns ou des autres. Va pour les lieux de culte, chacun peut pratiquer sa religion dans un lieu dédié si cela lui chante, même si on peut être un bon chrétien sans jamais mettre les pieds dans une église.

 

Pour les écoles je reste perplexe. J’ai été élevée à l’école publique de mon petit village, et plus tard mes parents m’ont envoyée dans une institution religieuse pensant me remettre dans le droit chemin. En fait je n’étais qu’une adolescente, et il n’existe aucun droit chemin quand on a cet âge, ils sont tous de traverse, mais c’est une autre histoire. À un moment de ma vie professionnelle j’ai pourtant enseigné dans des collèges privés, non par conviction je l’avoue mais par simple opportunité, et pour un certain confort je dois l’avouer : ces établissements me semblaient davantage à taille humaine que les collèges publics aux classes plus chargées, les élèves qui s’y trouvaient quant à eux étaient les mêmes, si ce n’est qu’on y retrouvait ceux qui s’étaient fait virer du public. Mais passons c’est là aussi une autre histoire.


Pour ceux qui m’auraient fait l’amabilité de me suivre jusque-là, j’en viens enfin à mon propos : pourquoi diable existe-t-il des écoles liées aux différentes confessions religieuses ? Cela me semble maintenant que j’y réfléchis d’une incongruité et d’un non-sens absolu. En effet comment peut-on lier le fait religieux et l’éducation qui par essence doit être, vous me direz ce que vous en pensez, parfaitement laïque et objective à l’égard de TOUTES les croyances ? On me répondra que chacun a droit à se voir proposer un enseignement religieux, les parents musulmans ont légitimement le droit de faire inculquer à leurs enfants les préceptes de leur religion, tout comme les juifs ou les chrétiens. Mais il me semble que l’école n’est absolument pas le lieu pour ça. Quand j’étais petite j’allais à l’école publique et mes parents, que j’ai drôlement dû décevoir sur ce point, se sont entêtés à m’envoyer des années durant au catéchisme. Puis plus tard dans une école privée. L’enseignement du fait religieux y était plus qu’anecdotique, nous avions je crois une heure par semaine d’instruction religieuse (c’est quand même plus chic que le catoche) où nous nous ennuyions diablement sauf la dernière année de lycée où nous avions pour enseignant un prof de philo assez impertinent et « plus spiritueux que spirituel » selon une délicieuse formule entendue il y a peu. Mais maintenant que j’y repense, je ne comprends pas que l’éducation puisse s’acoquiner avec la religion, et ça m’horripile que l’Éducation Nationale s’accommode tout à fait de la spécificité alsacienne avec enseignement religieux obligatoire dans les établissements publics alors qu’elle se targue de laïcité sur tout le reste du territoire ! Mais on est pas à un paradoxe près. Ne devrait-on pas faire de l’école le sanctuaire de la laïcité, et réserver l’enseignement de la religion aux lieux de culte ? Rendons le dogme et les sermons aux églises, aux mosquées ou aux synagogues, et que l’école reste une citadelle des savoirs et de la connaissance, pas du prosélytisme.

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Commis par La Ségaline - dans Ça m'énerve!
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commentaires

Pierre Durand 15/01/2015 21:24


Bien dit Annie !! tout a fait d'accord avec vous !!

sirius 14/01/2015 11:38


En fait, je ne pensais pas à un régime amaigrissant, mais à une réforme des mentalités, qui replacerait l'Enseignement à sa vraie place, dans l'intérêt des élèves. Une "EN" dont on ne verrait pas
les programmes et les objectifs changer avec chaque élection, et où la culture générale, laïque et objective, retrouverait toute sa place.


 


Un peu comme une SNCF dans laquelle le service rendu au voyageur et le bien-être de ce dernier serait le principal souci de ses employés. Mais là, je rêve...

La Ségaline 14/01/2015 11:47



Une réforme des mentalités de l'EN, des réformes utiles sans visées électoralistes et la SNCF qui se soucierait de ses usagers? Ah! ah! ah! ce que tu peux être drôle tout de même!



sirius 14/01/2015 11:19


Confier, comme le suggère Fleurdelys, l'éducation au privé et donc en partie à des structures d'inspiration religieuse, serait offrir le meilleur terreau au communautarisme, ce cancer de notre
société!


 


Il y a une dizaine d'années, un ministre qui souhaitait visiblement sortir des chemins battus, avait maladroitement proposé de "dégraisser le mammouth"; sa proposition avait soulevé le tollé de
la part des membres de l'Education nationale,  et il a sombré dans l'oubli. Il y a pourtant un long chemin à faire!


 


Ce que j'apprécie sur ce blog, c'est que tous les participants partagent au moins une valeur: la courtoisie, et ce même lorsque les avis divergent fortement.

La Ségaline 14/01/2015 11:32



Le problème du régime amaigrissant c'est qu'il fait certes perdre de la graisse mais aussi du muscle. Dégraisser est une nécessité, mais l'EN est tellement corporatiste, autant essayer de toucher
à la retraite des cheminots ou des EDF!


C'est crai que c'est agréable de converser en toute courtoisie, ça change de Facebook! Mais je n'y suis pour rien, c'est parce que j'ai des lecteurs intelligents, alors merci à eux et à toi!



Le Mousquetaire des Mots 14/01/2015 07:18


Vaste débat que celui proposé ici. Ma scolarité de la maternelle à la terminale s'est déroulée dans une institution privée et
religieuse. Cela fait partie de ma culture depuis toujours. Ce que j'en pense ? Rien de bien spécifique mais la messe obligatoire (et pas que) a fait naître en moi une profonde aversion pour le
formatage, le conformisme et le conventionnel. On ne choisit pas plus sa famille que sa religion, seul le hasard fait que suivons les traces dictées  par notre naissance. Ce non-choix rend
la situation encore plus anachronique et si les guerres de religion exitent depuis la nuit des temps, c'est parce que le fait de naître ici ou là induit immanquablement la nationalité et la
religion. Enseigner l'histoire des religions serait peut-être une bonne chose. mais cela impliquerait que les enseignants soient objectifs. Or, comment l'être quand on appartient à telle ou telle
religion . Mettre à plat l'Education Nationale ? Vaste programme. Comment ?  De mon point de vue, que ce soit la Santé ou l'Education, il appartient à l'état de veiller au grain. Tout
laisser aux mains du privé confessionnel ?  Non, car ce serait trop tendancieux, bien plus que cela ne l'est actuellement. On
nous fourbirait des petits calotins en tout genre, d'autant que les 3 grandes religions sont de même origine et qu'elles cohabitent de manière heurtée. En outre, il faudrait beaucoup
d'intelligence de la part des "enseignants" pour échapper au prosélytisme de leur confession. Il me semble que l'éducation religieuse revient aux parents et qu'elle ne
devrait pas déborder de la sphère familiale. D'ailleurs, depuis quelques décennies, il est interdit d'arborer tout signe religieux distinctif, même au sein des écoles privées (du moins des écoles
catholiques). Ce qui appartient au privé, doit rester privé. Mettre en avant son appartenance (religieuse, sociale, culturelle) est sectaire en soi. On ferait mieux de prôner le droit à la
différence, cela aplanirait les relations potentiellement conflictuelles.

La Ségaline 14/01/2015 08:35



La religion que nous ne choisissons pas, pas plus que notre couleur de peau ou notre langue maternelle, fait en effet partie de notre culture. Mais si nous ne pouvons changer de couleur de peau
(sauf Mickael Jackson peut-être) nous pouvons toujours adopter une attitude critique face à la religion, et nous avons même le devoir de nous interroger sur le bien fondé de ce qui nous a été
inculqué, prendre du recul et ne pas hésiter à dénoncer, à prendre de la distance avec ce qui nous heurte. Cela s'appelle l'esprit critique, je crois que ce n'est pas assez (du tout?) enseigné à
l'école.



fleurdelys 13/01/2015 20:32


Sans rapport avec le sujet, mais je prends le train en marche pour suggérer d'autres réflexions sur l'actualité.
Je prends connaissance de la "une" du numéro de "Charlie Hebdo" qui paraîtra demain : l'inspiration en est, très étonnamment,  profondément chrétienne puisqu'elle met en avant le pardon des
offenses. Ces propos sont mis dans la bouche de Mahomet, et là, sincèrement on se fourvoie. D'abord, les musulmans commencent, très nombreux, à s'indigner de cette représentation de leur
"Prophète", ce qui prouve qu'ils n'ont vraiment "rien compris au film" et qu'il reste à faire un gros travail d'éducation aux valeurs françaises. Secundo : quand on connaît l'histoire de Mahomet
et que l'on sait de quelle façon il s'est imposé (par des massacres gigantesques ordonnés et supervisés par lui-même), on est rès loin du Christ qui s'est fait immoler sur la croix en disant
"Seigneur, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu'ils font". Certes, les chrétiens sont très loin d'avoir été ensuite exemplaires, mais il ne s'agit pas de cela : le message est différent et
repose sur des bases différentes que chacun est libre de méditer.

La Ségaline 14/01/2015 08:26



Si comme vous le pensez les survivants de Charlie Hebdo se fourvoient en invoquant le pardon de Mahomet, c'est qu'il est tout logiquement bien difficile de faire parler et de se mettre dans la
tête des personnages de cet acabit. Ils ne peuvent faire que projeter ce qu'ils aimeraient (et nous aussi) qui soit la vérité. Hélas...


Quant au travail d'éducation aux valeurs françaises et républicaines, mon Dieu que la tâche est immense...



fleurdelys 13/01/2015 20:17


Nos points de vue convergent avec Sirius (quel lumineux pseudo) et divergent avec vous, chère Ségaline. Peu importe, ce qui compte, c'est le respect et l'estime mutuels. Tout au contraire, c'est
de la différence d'opinions que naît la lumière dès lors que celles-ci, si elles sont fondées sur la raison, peuvent s'exprimer librement.


Votre immense mérite est d'avoir ouvert un lieu de débat, c'est-à-dire un lieu de vraie liberté. Chacun doit vous en être reconnaissant et moi le premier.


Je tiens donc à vous assurer, malgré la différence de nos analyses et conclusions, de ma très haute estime et de mon plus total respect.

fleurdelys 13/01/2015 17:41


Sujet et débat délicats. Mon avis diverge totalement du vôtre, mais je ne prétends pas détenir la vérité et même il est possible que je fasse entièrement erreur. Le ton de ce commentaire n'est
donc pas polémique, mais seulement interrogatif.
Avant toute chose, je crois utile de préciser que je suis petit-fils, fils, neveu, cousin et époux de professeurs de l'enseignement public dont j'ai été élève depuis la maternelle jusqu'à la
faculté de droit. C'est quand même dire que j'ai une certaine connaissance et même une connaissance certaine de l'enseignement public.


Sachant que je vais vous choquer, je vous indique qu'avec une telle expérience et une telle pratique, l'Etat ne me semble pas avoir davantage vocation à s'occuper d'enseignement qu'à fabriquer
des automobiles ou des cigarettes, gérer des hôtels, organiser des voyages et Dieu sait quoi encore. Cela ne fait pas partie de ses missions régaliennes (vocable juridique qui fait référence à la
monarchie car on ne peut pas échapper à l'Histoire). tout au contraire, il est légitime que les familles souhaitent donner à leurs enfants une éducation marquée par la philosophie de la religion
qu'elles pratiquent. L'Etat doit seulement veiller à ce que cet enseignement respecte la liberté individuelle des élèves et à ce que son contenu ne soit pas contraire aux principes qui fondent
notre ordre public : là s'arrête à mon sens sa mission. Je pense sincèrement, sans faire aucune provocation, qu'il faudrait démanteler complètement l'Education Nationale et remettre le métier
d'enseigner uniquement à des entités privées, confessionnelles ou non, bien entendu en fournissant aux familles les moyens matériels nécessaires comme c'est le cas pour la santé publique.
L'Education Nationale est devenue un monstre parfaitement ingérable, un cancer du budget de la Nation qu'elle phagocyte littéralement avec des résultats dont la nullité ne cesse de progresser.
Jamais vous ne pourrez réformer le système. La seule solution consiste pour moi à couper toutes les têtes de cette hydre dévorante. Entendez-moi bien : j'ai le plus grand respect pour ceux qui
font montre d'un exceptionnel dévouement dans leur très difficile métier d'enseignant. Je ne souhaite que la disparition de l'organisation éducative d'Etat, pas de ceux qui la servent avec
abnégation, cela va de soi mais encore mieux en le disant (je ne souhaite pas être veuf, qu'on se le dise).


issu d'une famille catholique dont les membres enseignants étaient fort mal vus de leurs collègues, est-il besoin de le préciser, puisque montrés du doigts comme "calottins", je n'ai jamais mal
vécu comme vous le catéchisme qui m'a au contraire donné une solide armature spirituelle, confortée par le très éminent, savant et brillant père jésuite qui animait au lycée nos cours de
"persévérance" après la communion solennelle célébrée dans la chapelle dudit lycée : c'était la dernière année du rite de Saint-Pie V hélàs...


Quand à l'Alsace-Lorraine, cessez de vous offusquer de la différence de régime. Comme je vous le disais au début de ce propos, on ne peut échapper à l'Histoire. Cette différence  a été la
condition sine qua non du retour à la France de ces deux provinces perdues. La France ne peut pas revenir sur ses engagements historiques sauf à sortir du concert des Nations. Au reste, les
Allemands vivent sous un régime semblable et ils ne s'en portent pas plus mal que nous me semble-t-il. Ce régime est aussi en vigueur en Guyane et l'on n'en meurt pas à ma connaissance.

La Ségaline 13/01/2015 17:59



Comme souvent nos avis divergent, mais en pareil cas nous avons toujours su rester courtois l'un et l'autre: cela change des joutes verbales lues ailleurs parfois! Nous avons déjà eu l'occasion
il me semble de constater que nous n'avions pas eu la même expérience de l'éducation religieuse de notre enfance, la faute sans doute à des époques différentes et à des personnes de compétences,
comment dire, différentes elles aussi! Peu importe, je vous accepte ici comme vous êtes, nos différences faisant nos richesses.


Pour ce qui est de l'Education Nationale en tant qu'institution, la démanteler pourrait paraître tentant, mais remettre l'enseignement au privé rendrait le contrôle de l'Etat impossible, or il
est nécessaire. Ce "monstre" est en effet à revoir de l'intérieur, mais là bon courage!



sirius 13/01/2015 13:56


Les religions font partie de notre patrimoine culturel, intellectuel et social et on joué un rôle prépondérant dans l'histoire de toutes les civilisations. Mon parcours scolaire est comparable au
tien, au détail près que j'ai fait ma scolarité primaire dans le privé, et le reste dans le public.


 


Je regrette qu'à aucun moment, l'histoire des religions n'ait été abordée, et que le catéchisme ait été ma seule instruction religieuse. C'est pourquoi je pense que cette dernière devrait être
intégrée à l'enseignement de l'histoire dès le cours moyen, et ce jusqu'au Bac. Reste bien sûr à le faire de manière totalement objective...

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