Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 14:03

 À l'occasion de la Modernisation de La Poste  La Poste la commune de mon enfance s'est enrichie de noms de rues et des numéros qui vont avec, histoire que les pauvres facteurs ne soient pas trop perdus et surtout que les nouveaux services privés qui ne manqueront pas d'arriver ne le soient pas trop non plus: uniformisation, modernisation, privatisation, appelez ça comme vous voulez. Mais tel n'est pas mon propos du jour. Donc des plaques sont apparues, qui souvent reprennent des éléments traditionnels de la toponymie locale qui font partie de la tradition orale ou renvoient à des lieux familiers pour les habitants. Parfois il s'agit de rappeler un élément d'histoire, c'est le cas pour le nom de l'artère principale du village d'Estal, comprenez par là la portion de départementale qui traverse vite fait bien fait le village: celle-ci s'est vue baptiser « Rue de Staals », l'occasion de faire un peu d'histoire locale, une histoire qui ne manque pas d'anecdotes que relatent les archives départementales. Staals est en fait l'ancien nom du village, qui apparaît encore sur une tombe du cimetière, celle d'un ancien curé « de Staals », probablement le dernier de la paroisse sous ce nom.


100 1038
À l'occasion du centenaire de la création de la commune un CDRom avait été réalisé sur lequel figurent quelques éléments d'histoire locale qui nous montrent qu'autrefois tout n'était pas si tranquille qu'aujourd'hui dans nos campagnes ...ha c'était le bon temps où on se tapait dessus entre voisins et frères ennemis de hameaux rivaux, bien plus drôle qu'Interville c'est sûr!

 

 

Les premiers éléments retrouvés aux Archives Départementales datent de 1893. Il s'agit d'un courrier des habitants de la section de Staals, (alors dans la commune de GAGNAC), au préfet du Lot. Dans celui-ci, ils font état de leurs difficultés rencontrées en raison de l'éloignement du chef-lieu et du découpage de la section, ils demandent la création d'une nouvelle commune.

On retrouve ultérieurement dans un courrier du maire et conseiller général de BRETENOUX au sous-préfet de FIGEAC, une argumentation sur le bien fondé de cette création :

« La rivalité qui existait depuis longtemps entre la commune de CORNAC et la commune de GAGNAC, portait son écho jusque dans les 2 sections du Verdié et de Staals, qui se jalousaient d'appartenir à l'une ou à l'autre commune. »

« A des époques plus éloignées, des rixes sanglantes se sont élevées entre les habitants des 2 sections avec leur commune réciproque, et entre les 2 sections entre-elles. »

«  Lors des audiences au tribunal correctionnel, nombre de visites des habitants des 2 sections étaient dues à des coups et blessures. »

« Aux élections du Conseil général en 1895, la commune de GAGNAC n'envoya pas la liste d'émargement à la section de Staals, et pour ne pas être en reste, la section du Verdié refusa de voter. »

 

Finalement, par une loi du 7 avril 1902, une partie de la commune de GAGNAC et une partie de la commune de CORNAC ont été regroupées pour former une commune distincte sous le nom d' ESTAL.

La superficie de la nouvelle ainsi commune ainsi créée était de 650 hectares, pour une population qui dépassait les 700 habitants.

Elle possédait une école de filles et une école de garçons qui avaient un effectif respectif de 70 élèves ; une école confessionnelle payante était également présente mais avec un effectif beaucoup plus réduit.

La population était à caractère agricole, seuls les commerces de proximité existaient, (épiceries ; cafés) ; pour ce qui est de l'artisanat, on retrouvait les métiers à usage courant, (forgeron maréchal-ferrant ; menuisier).

 

En ce qui concerne la paroisse d'ESTAL, celle-ci est antérieure à 1850, elle recouvrait une superficie plus grande que la commune d'ESTAL actuelle, en effet, les habitants du village de Soulhol de la commune de CORNAC étaient morts de la paroisse d'ESTAL.

L'église a été construite par les habitants, chacun fournissant ce qu'il pouvait, (matériaux ; journées de travail). La famille qui avait fourni le terrain sur lequel l'église a été construite, avait une place réservée au fond de l'église, " le banc de fabrique ", elle était dispensée de payer le denier du culte.

La construction d'une église étant soumise à autorisation de l'Evêché, une délégation des habitants apporta comme présent à l'Evêque de CAHORS une tête de sanglier, en retour celui-ci autorisa la construction de l'édifice.


  100 0386

L'église d'Estal avec un mur-clocher courant dans le Ségala

100 0384Une des fenêtres au-dessus de laquelle est sculpté le nom I. Vertande, probablement un des maçons ayant participé à la construction de l'église.

La guerre de 1914 / 1918 commence à marquer le déclin de la population ; viennent ensuite les difficultés économiques qui obligèrent les gens à quitter le pays pour la ville et notamment PARIS, on trouve même des départs pour l'Amérique du Sud.


Quand on connaît la commune dans son état actuel on mesure tous les changements qui se sont accomplis au niveau démographique et économique: seulement 110 habitants au dernier recensement et bien sûr plus aucun commerce ni artisan depuis des lustres. La désertification rurale ici c'est une réalité.

Avec le retour des beaux jours j'irai un de ces quatre faire quelques photos pour étayer cet article.

Partager cet article

Repost 0
Commis par La Ségaline - dans Mon petit coin
commenter cet article

commentaires

sirius 06/03/2010 09:17


Très intéressant et original épisode de la vie locale du Ségala! En arriverait-on aujourd'hui à des "rixes sanglantes" pour une question d'appartenance à une commune? J'espère que non! En tous cas,
à cette époque, les sentiments communautaristes ne connaissaient aucune limite!


La Bernache 04/03/2010 11:23


De beaux edifices - un mur clocher je n'avais jamais vu , c'est joli - j'aime bien les plaques nominatives , pourtant , dans ma petite ville , la plupart engendrent une pensée de tristesse ,
parce que s'y trouvent dans beaucoup de petites ruelles ,les noms de jeunes Maquisards tombès au combat - ils ont laissé leur Vie pour que nous soyons libres...je me demande aujourd'hui  "
sont-ils morts pour que nous en arrivions là ? "  On s'aperçoit au nombre de plaques nominatives que ce fut une véritable saignée dans la jeunesse entre 40 et 45 ...des 18 , des 20 , des 30,
beaucoup de jeunes  (Paix sur eux , les Martyrs )  Les petits villages de France sont enviès et copiès jusqu'au Japon !  pour ne pas parler de l'Amérique qui nous les envie si fort !
C'est NOUS les meilleurs pas vrai ?... Merci pour la ballade  ;-)


La Ségaline 04/03/2010 17:13


Merci de ton commentaire et de ta visite. En effet les noms des rues rappelllent parfois une histoire collective douloureuse, mais heureusement ce n'est pas toujours le cas. A bientôt.


Pangloss 04/03/2010 10:48


Il y a de nombreuses associations de maires. Pourquoi pas une association des maires des communes abandonnées par l'état?


La Ségaline 04/03/2010 17:14


Hou là mais il y aurait beaucoup trop de monde, ce serait trop dur à gérer...


Axel21 03/03/2010 18:32


Beau reportage. Je suis aussi originaire d'un hameau devenu au 19 ème siècle plus gros que sa commune de rattachement et qui a fait sécession. 100 ans après, les rancoeurs sont toujours là!


La Ségaline 04/03/2010 17:15


Les jeunes des cités n'ont rien inventé avec leur guerres de bandes: à la campagne aussi on avait nos gangs! Il faut dire qu'à une certaine époque changer de commune ou de village c'était déjà
partir à l'étranger...


Frédéric Mouriès 03/03/2010 17:12


Bonjour,

Très intéressante votre petite histoire de la création de la commune d'Estal en 1902! Car elle démontre l'étendue qu'avait et qu'a encore la commune de Cornac.
Je termine un article que je ferai paraître dans la revue des amis de la Tour de Teyssieu qui traite du rattachement à Teyssieu en 1931 de deux hameaux (Mourèze et Bézet) qui appartenaient à
Cornac.
Les archives déparementales du Lot possèdent un dossier qui triate de toutes les demandes de rattachement de ce type (je pense que c'est grâce à ces documents que vous avez pu nous
raconter cet épisode local.

Bonne continuation. Effectivement si vous habitez d'où est prise la photo du village qui est sur votre blog, nous sommes d'assez proches voisins.

FMouriès 


La Ségaline 04/03/2010 17:17


Bonjour voisin et merci de votre visite. J'aimerais tellement avoir plus de temps pour m'intéresser à la l'histoire locale, ,à la retraite peut-être (enfin si on veut bien me la donner avant
que je ne trépasse). A bientôt car je crois que nous nous verrons à la journée du livre!


Quezaco?

  • : Le blog de La Ségaline
  • Le blog de La Ségaline
  • : Billets d'humeur ou d'humour, réactions sur l'actu mais aussi grands et petits événements de ma vie
  • Contact

Me, Myself And I

  • La Ségaline
  • Ecrivain public, profondément rurale je revendique mon amour des bonheurs simples ainsi que mon droit à pousser des coups de gueule et des coups de coeur.
  • Ecrivain public, profondément rurale je revendique mon amour des bonheurs simples ainsi que mon droit à pousser des coups de gueule et des coups de coeur.

Recherche