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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 08:43

 

 

Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre il ne s'agit pas d'une version gore des manuels de Laurence Pernoud (J’attends un enfant ; J'élève mon enfant). Il ne s'agit pas non plus d'un traité de gynécologie obstétrique à l'usage des étudiants en médecine.

Le Foetus récalcitrant est un petit essai commis par un caricaturiste anarchiste du début du XXe siècle et dont je ne sais pas toujours si le propos est à prendre au premier ou second degré, voire plus. C'est une sorte d'éloge de la presse, paresse érigée en principe de vie qui je dois le dire plaît assez à mon caractère parfois nonchalant et souvent contemplatif.

Mais mieux qu'une analyse qui serait forcément partisane, je vous laisse vous débrouiller avec ces extraits :

 

« Né fatigué, j'ai employé tout mon temps à me reposer ; les déformateurs s'époumonaient en vain pour me corner aux oreilles leurs calembredaines les plus fastidieuses, je ne les écoutais pas : mon imagination vagabondait Allah sait où.

J'ignorais donc ce que mes condisciples avaient appris ; par contre je savais bien des choses que mes déformateurs eux-mêmes ne soupçonnaient pas. La rêverie est la meilleure des éducatrices ; mais elle choisit ses élèves et ne consent à donner des leçons qu'à ceux qui se blottissent dans son giron.

Elle m'enseigna que l'activité est une maladie honteuse et que les agités ont tort de sanctifier le mouvement perpétuel :  « L’Homme, m'apprit-elle, n'est pas fait pour se livrer à d'épileptiques gesticulations ; s'exténuer n'est pas le but de son existence : il est sur terre pour vivre dans la méditation et la paix. »

Ainsi chapitré, je me suis dirigé, avec confiance, dans la voie sainte de l'inaction. De ce chemin sacré je ne me suis pas écarté durant toute ma vie.

Quelqu'un objectera, sans doute, que vingt numéros de l'Assiette au beurre entièrement dessinés par moi ; que ma collaboration au Rire, à l'Action et à bon nombre d'autres journaux ; que mes albums, mes expositions particulières en France et à l'étranger, mes affiches qui couvrirent les murs de Paris et des principales villes de province ; que tout cela a bien nécessité, de ma part, une certaine somme de travail.

— C'est entendu, répondrai-je, les apparences sont contre moi ; pourtant je persiste à prétendre que je n'ai jamais travaillé : je me suis surtout diverti. »

 

« Ce n'est pas le travail librement consenti, joyeux, récréatif, que je vitupère en cet opuscule ; mais le « LABOR IMPROBUS », le travail acharné, abrutissant, éreintant ; la production intensifiée au-delà des besoins ; l'agitation industrielle et commerciale ; les crapuleuses combinaisons de la politique et de l'agio ; l'épuisant effort auquel se livre l'Humanité tout entière pour gagner de l'argent ; l'Universelle Démence, génératrice de tous nos maux. »

 

À méditer...

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Commis par La Ségaline - dans Cabinet de lecture
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commentaires

Henri VILTARD 01/02/2013 16:02


bonjour,


Le 15 mars 2013, sortie d'un nouveau livre de Jossot : Sauvages blancs !, chez Finitude.Vous pouvez déjà en lire des extraits ici :





HV.

Misa 19/04/2011 22:11



soudain je m'interroge. La paresse est elle de l'inaction ? L'inaction est elle de la paresse ?



Florentin 19/04/2011 15:48



Ne pas s'agiter. Je comprends pourquoi j'ai de plus en plus de mal à sortir mon vélo.



Misa 18/04/2011 18:30



Je partage l'avis de Jean François Vionnet.... que n'ais je lu cet auteur avant ma retraite. J'aurais évité de passer à côté de bien belles choses !



Axel21 16/04/2011 17:46



Pour y arriver, il faut un art consommé de l'esquive, du contre-pied et de la passe en arrière (la patate chaude). S'il ne fallait pas en plus un cerveau, j'y verrais bien le footballeur.



Pangloss 15/04/2011 11:50



La paresse n'est pas l'inaction.



Le Mousquetaire des Mots 14/04/2011 19:03



Pourquoi me sens-je en parfaite harmonie avec ces déclarations ? Sans doute ma paresse est-elle congénitale, elle n'a jamais perturbé mon ego davantage porté
à la rêverie qu'à l'action. J'ai passé plus de temps à lire qu'à travailler. Et j'ai toujours considéré que la lecture n'était pas un travail alors même que mon travail consistait souvent à lire.
Comme quoi, il est nécessaire de revisiter la conception que l'on a du boulot afin de le vivre différemment.



Jean-François Vionnet 14/04/2011 18:50



Et bien la devise chez moi, était "Labor improbus omnia vincit". C'est dire si j'ai eu tort, j'aurais du lire cet auteur avant, trop tard, maintenant que je suis retraité.


Amitiés de l'Ardeche.



bellelurette 14/04/2011 13:48



Cela me fait penser à Henri Salvador !!! Qui a travaillé toute sa vie mais tout en s'amusant, et il a bien vécu et est mort bien tard !



sirius 14/04/2011 12:18



Un texte ma foi bien sympathique, d'un auteur dont j'étais un disciple sans le savoir... J'approuve à 100%, sans aucune réserve, ces propos!



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  • Ecrivain public, profondément rurale je revendique mon amour des bonheurs simples ainsi que mon droit à pousser des coups de gueule et des coups de coeur.
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