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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 20:44

Il est bien connu qu’il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau », aussi je me garderai bien de dire que j’ai toujours détesté les meubles en formica, et que jamais ô grand jamais je n’en ai voulu dans ma cuisine (et encore moins ailleurs évidemment). Et pourtant. Et pourtant…

 

Il y a bien désormais un buffet en formica qui trône dans la cuisine, dominant par sa taille et son coloris les autres meubles disparates de la pièce. En effet la déco est dans un style disons très… personnel : meubles de cuisine fin de série et d’exposition, ou bien récupérés par-ci par-là, du jaune, du rouge, du blanc… et maintenant donc du bleu. On pourrait croire que ça pique un peu les yeux dit comme ça mais finalement le côté hétéroclite donne un style à l’ensemble (oui enfin c’est ce que je me dis pour me rassurer). Ah c’est clair que ça ne ressemble pas aux cuisines des magazines ! Cependant on y mange aussi bien (surtout si c’est pas moi aux fourneaux !) c’est bien là le principal.

 

Mais comment diable, me direz-vous (oui je sais la question vous brûle les lèvres), un tel ovni a-t-il donc fait pour atterrir dans ma cuisine ? Lassée de mon ancien buffet en bois style années 50 trop petit et peu pratique, je me suis mise en quête d’un remplaçant sur un site bien connu de petites annonces où j’espérais pouvoir trouver mon bonheur tout près de chez moi. Bingo, ce meuble m’a tapé dans l’œil alors qu’il avait pourtant tout pour me déplaire : pas du tout dans les tons plutôt chauds du reste de la cuisine, presque trop grand pour rentrer dans l’emplacement prévu, et surtout… en formica. Mince quoi ! Et pourtant… Le bougre avait tout de même un atout de taille : son prix. Pour 50 € on ne risquait pas grand-chose et il ne nous aurait coûté qu’un peu d’huile de coude supplémentaire si on avait finalement regretté l’achat après l’installation.

 

Mais il n’en a rien été, et plus je le vois, plus je l’utilise, et plus il me plaît au bout du compte. J’aime sa grande taille qui permet d’y fourrer un tas de truc (je vais pouvoir chiner de nouveau de la vaisselle lors des prochains vide-greniers), j’adore sa huche à pain intégrée hyper pratique et qui fait gagner de la place dans la cuisine, j’aime la taille de certains des tiroirs qui permettent d’y ranger des cocottes, j’aime ses portes qui ne grincent pas contrairement au buffet précédent, bref je l’aime bien finalement ce meuble en formica.

 

Et plus que tout ce que j’aime c’est son histoire. Le vendeur, à une dizaine de kilomètres à peine de chez moi, était un ancien menuisier à la retraite, qui pour la petite histoire est le père d’une prof de mes enfants et qui elle-même par ailleurs a été une de mes colocataires durant mes années étudiantes (c’est fou le monde est incroyablement petit, surtout lorsqu’on ne dépasse pas les limites du canton). Mais surtout ce meuble a été le premier qu’il a fabriqué dans sa vie professionnelle : il l’a conçu et réalisé pour meubler leur premier logement alors qu’il était jeune marié. Je m’imaginais que les meubles en formica n’étaient que des meubles produits en usine et en série, alors voir cet exemplaire unique et avec ce côté affectif en plus, j’ai trouvé ça vraiment émouvant. Lui aussi était ému d’ailleurs, sa femme également, et ils avaient l’air content de voir que ce meuble, qui les avaient accompagnés durant une bonne partie de leur vie, allait trouver une seconde vie dans une nouvelle maison, plutôt que de finir pourrir dans le fond de l’atelier ou pire à la déchetterie.

 

Alors oui finalement je l’aime beaucoup mon meuble formi-, formi-, formidable !

 

PS : Toute une page sur un affreux meuble en formica : franchement est-ce que ça valait la peine de reprendre la plume… ? Je pose la question... 

You are the one for me, for me, formica®…
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 09:01
Ma cabane en Ségala

Ma cabane au Canada
Est blottie au fond des bois
On y voit des écureuils
Sur le seuil
Si la porte n’a pas de clé
C’est qu’il n’y a rien à voler
Sous le toit de ma cabane au Canada

 

Tels sont les premiers mots de la célèbre chanson de Line Renaud, qui pourraient tout aussi bien raconter une autre cabane, en Ségala celle-là. Car point de cabane au Canada pour moi mais une petite cabane en Ségala comme il en existe beaucoup dans la région et dans de nombreuses campagnes ici et ailleurs. Un peu à l’image des gariottes du Causse qui servaient à abriter les bergers, ces cabanes étaient toutefois bien plus élaborées. Véritables maisons miniatures, nos cabanes construites dans une petite pente possédaient une partie basse semi-enterrée servant d’étable pouvant contenir quelques vaches avec tout le confort nécessaire c’est-à-dire de la litière et un râtelier pour le foin : le gîte et le couvert que demander de plus ? Au-dessus était la partie « habitation » : une pièce unique avec souvent des renfoncements avec des étagères servant de rangement, parfois véritables placards avec portes pour les plus « luxueuses » de ces cabanes. Parfois aussi une petite cheminée pour se réchauffer mais pas toujours, et parfois encore, comme dans celle de mon enfance il y avait un étage supplémentaire fait d’un plancher grossier auquel on accédait par une échelle de meunier rudimentaire : là c’était carrément un palace ! La cabane de la photo possède une citerne qui recueillait l’eau de pluie qui était utilisée pour abreuver les vaches.

 

Avant d’être complètement à l’abandon elles ne servaient déjà plus d’abri si ce n’est pour quelques outils remisés là en attendant d’être ressortis à la bonne saison lorsqu’elles étaient près de champs cultivés. Les cabanes situées dans les prairies éloignées de la ferme et où paissaient les génisses qui ne rentraient pas tous les soirs servaient encore d’abri pour ces vaches que l’on visitait de temps en temps pour s’assurer que tout allait bien et qu’elles ne manquaient de rien.

 

Qu’est-ce que j’ai pu jouer et rêver durant mon enfance dans ces cabanes qui n’étaient déjà plus utilisées (car je ne suis pas si vieille que ça n’en déplaise à mon fils qui toujours prêt à me titiller m’a demandé l’autre jour en rigolant comme un bossu si je me rappelais à quoi ressemblait le soleil lorsque celui-ci venait de naître)… Des heures passées, pendant que mes parents étaient aux champs à côté, à explorer les moindres recoins de cette cabane à la recherche de petits trésors oubliés au cours des années : de petites pièces de monnaie antédiluviennes, des petits outils aux usages presque oubliés, de la vaisselle qui servait alors de dinette, toutes traces du passage de ceux bien avant moi et dont je me plaisais à imaginer l’histoire, les histoires…

 

 

 

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 06:44

Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou s’il y a une explication à cela (mais est-ce important, je ne crois pas) mais il se trouve que les artistes que j’affectionne particulièrement ont en commun de travailler en famille : Blankass et les frères Ledoux, Oasis et les frères Gallagher (même si c’est vrai que pour eux ça ne s’est pas très bien terminé), et Eiffel avec le couple Romain et Estelle Humeau.

J’ai découvert ces derniers il y a quelques mois et me suis aperçue qu’ils partageaient pas mal de choses avec les Blankass : un même refus du parisianisme (ils sont et restent Bordelais), une même soif d’indépendance par rapport à l’industrie du disque, une façon artisanale d’envisager leur musique, la fidélité à leurs idées, leur longévité, leur engagement, leur sincérité et leur amour du public…

J’aime beaucoup leur musique, la voix du chanteur également mais je dois avouer que leurs textes me semblent parfois un peu hermétiques, l’écriture de Romain Humeau me faisant parfois penser à celle des surréalistes, avec une utilisation poétique de la langue (parfaitement maîtrisée par ailleurs), et je me suis pas mal aidée du texte écrit pour apprécier pleinement certains titres. On pense souvent à Noir Désir pour certains morceaux mais on s’en détache rapidement il me semble, ce ne sont pas de pâles copies loin de là.

Pas facile de choisir un titre dans leur répertoire, entre rock engagé et chanson plus pop et « accessible ». Comme c’est le weekend on va pas se prendre la tête alors j’ai opté pour « Chasse spleen » que j’aime beaucoup.

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 10:05

           Quand j’étais plus vieille, c’est-à-dire quand j’avais une vingtaine d’années, voire un peu plus, j’aimais bien mettre des étiquettes notamment en musique et je ne concevais parfois pas d’écouter tel ou tel artiste simplement parce qu’il était catalogué dans un registre qui n’était pas celui que je préférais : rock, pop, folk, anglo-saxon de préférence. Dans ma vie ordinaire même je pense que je me conformais sans doute aussi à l’étiquette que je croyais m’être destinée : une étudiante en lettres ne fait pas ci, ou bien c’est plutôt cool de faire ça, plus tard prof de français je m’interdisais certaines lectures, devenue mère de famille je me disais que je ne pouvais décidément pas porter, dire ou faire ceci ou cela, bref que des carcans et des raisonnements idiots induits bien souvent par la pression sociale et une éducation tellement conformiste.

          Mais ça c’était avant, quand j’étais vieille. Car aujourd’hui je me sens bien plus jeune que dans mes jeunes années. La faute à la cinquantaine sans doute qui m’a fait prendre conscience du temps qui passe et de l’intérêt de tirer le meilleur parti de celui qui nous reste. Je me suis d’ailleurs royalement octroyé une cinquantaine d’autres belles années à venir lors de mon anniversaire, que je n’ai bien sûr pas fêté, comme il se doit. Depuis que je suis redevenue jeune et que j’ai eu de nouveau quinze ans, à la faveur de cette étape mais aussi de la re-découverte ô combien salutaire du plaisir intense procuré par la musique, et peut-être aussi grâce au confinement, allez savoir, je me fiche pas mal de ce qu’on peut dire, à commencer par mes enfants pour lesquels je me fiche un peu de savoir si je suis un bon exemple, et dont j’espère qu’ils auront assez de personnalité pour se forger leurs propres jugements. Ce que c’est bon de sentir cette petite liberté…


 

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 09:34

Certains partis politiques se la jouent à l'américaine jusqu'en Occitanie. Non mais Toulouse c'est pas Washington, faut arrêter les conneries quand même! Et le Sud-Ouest c'est pas le far-west. Comme quoi une mauvaise idée est parfois copiée. Si Trump se met à faire des émules jusqu'ici ben on est mal...

 

Article de La Dépêche ICI

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 18:46

Petit tour chez nos cousins préférés d'outre Atlantique. Voilà une bien jolie chanson au texte assez universel pour parler à tous, pas seulement à l'Amérique. Un reflet de notre époque qui n'est pas très flatteur, mais réaliste hélas.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 23:26

Il m’a fallu plusieurs jours pour trouver le temps d’écouter le dernier titre des Blankass. Je veux dire écouter vraiment, au casque et pas sur l’ordi au son pourri du bureau (encore une panne d’internet quelques jours à la maison). Car ce n’est que seule et à l’abri des bruits parasites (mari, enfants et autres troubles domestiques quotidiens!) que j’ai pu vraiment être à l’écoute. Quatre jours pour apprécier vraiment ce titre. C’est souvent comme ça que ça se passe avec mes morceaux préférés : les titres que j’écoute aujourd’hui le plus sont souvent ceux pour lesquels il m’a fallu le plus de temps pour « entrer ».

 

Ce titre ne fait partie d’aucun album, ils viennent de le sortir et de le proposer en téléchargement gratuit, ne souhaitant pas disent-ils, toucher le moindre centime avec un titre qui peut paraître opportuniste. « Identitaire » évoque ce groupuscule d’extrême-droite qui vient d’être dissout, mais plus largement il s’agit de toute cette tendance au repli et cet entre-soi qui crée le climat de défiance envers l’autre voire de haine que l’on peut voir fleurir de plus en plus. Ce morceau me rappelle « Pour la lumière » où étaient déjà évoqués les migrants mais aussi plus généralement tous les exilés et les exclus, parfois au sein même de leur propre pays.

 

Et ça n’a pas loupé : la vidéo a engendré un torrent de commentaires haineux et a réveillé la fachosphère que Blankass évoquait déjà dans « La faille ». D’ailleurs ils ont retrouvé ici le tempo bien rock et l’accordéon de leurs débuts. Qu’une simple chanson puisse déclencher des réactions aussi véhémentes, avec des références nauséabondes à la collaboration et autres joyeusetés du même acabit, c’est assez fou tout de même. Mais il est vrai que je suis une grande naïve et que je ne pratique que très modérément les réseaux sociaux.

 

Enfin dans tout cela il y a quand même quelque chose d’assez drôle : les décérébrés auteurs des commentaires aux relents d’égouts ont dès la diffusion de la vidéo partagé le clip sur un site très marqué extrême-droite Ils ont vu le titre « Identitaire » et l’accordéon, ils ont dû se dire que c’était sûrement une ode bien franchouillarde à leur mouvement avant même d’écouter les paroles ! Ah c’est trop drôle, ils ont dû être drôlement déçus quand ils ont compris le message ! Enfin s’ils l’ont compris parce qu’à lire les commentaires de certains on voit bien qu’une explication de texte leur aurait fait le plus grand bien.

 

Réaction épidermique à l’actualité, le titre a été écrit et composé en 48h seulement, et le clip réalisé par Raynal Pellicer, à qui on doit déjà leur dernière vidéo « L’arrière-saison », a été tourné à l’École Nationale Supérieure des Arts de Bourges : rien que du local pour les Berrichons! En noir et blanc, épuré et brut comme la musique qui revient un peu aux sources, moi j’adore. Comment ça je ne suis pas objective ? Allons, allons…

 

France Bleu 

La Nouvelle République

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 16:00

Alors comme ça il n'y a que le 8 mars qu'on devrait se rappeler que nous constituons la moitié de l'humanité et qu'on a droit au respect et à l'égalité? He ben puisque c'est comme ça moi je décide que le 10 mars sera aussi l'occasion de le rappeler. Et puis le 11, le 12, et tous les autres jours de l'année.

 

Faisons l'éloge du joli concept de sororité... 

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21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 16:36

Après s'être invité à table avec les lentilles, un bon menetou-salon et même une tentative personnelle de pâté berrichon,, voilà que le Berry squatte ma table de chevet. Hasard de la pioche dans la pile de livres en retard, voilà qu'après Les Maîtres sonneurs de George Sand qui m'ont fait voyager des plaines du Berry jusqu'aux forêts épaisses du bourbonnais, je viens de commencer La Rabouilleuse de Balzac dont l'action se situe à Issoudun.

 

Où quand Balzac rencontre les Blankass... ce que c'est que la culture tout de même...

 

Vous ne voyez pas le rapport entre Blankass et Balzac, du moins avec La Rabouilleuse? C'est pourtant simple: les Blankass sont berrichons, originaires d'Issoudun où se passe donc l'action du roman. Le précédent groupe des frères Ledoux, qui n'avaient alors pas vingt ans, s'appelait Zéro de conduite, un de leurs titres étant justement "Down in Issoudun". Attention pépite.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 18:14

Mais à qui peut bien être réservée cette petite litière sur une fenêtre…? Mystère... Réponse entre 16h et 17h.

Picoti, picota...

Une poule sur un mur, qui ne picore du pain dur...🎵 

Enfin non une poule sur la fenêtre de la salle à manger, qui picore pas du pain dur mais qui a trouvé la planque idéale pour être à l'abri du froid (on lui ferme les volets le soir) et du renard qui serait bien malin d'aller la chercher là-haut.

Picoti, picota...

Elle est pas belle la vie?

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