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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 21:01

Ça nous taraudait depuis un moment, alors aujourd'hui nous avons pris la direction de La Chapelle-Saint-Géraud, dans le département voisin de la  Corrèze mais juste à côté de chez nous,  pour aller voir une exposition originale dont Sarah46 avait déjà parlé il y a quelques temps: elle avait pu admirer de drôles de vaches dans les rues de Saint-Céré. Mais nous nous sommes allés voir à la source de quoi il en retournait. Heu en fait c'est surtout parce qu'on les avaient loupées à Saint-Céré...

 

Des vaches bien sûr on en a déjà vues, mais il s'agit plutôt des limousines, des montbelliardes, des hollstein voire de quelques salers, mais celles que présente l'exposition de la Ferme Saint-Géraud sont vraiment d'une race très particulière: pas farouches pour deux sous, très faciles à photographier et surtout qui ne risquent pas de s'échapper du pré pour aller voir si des fois l'herbe ne serait pas plus verte ailleurs. D'ailleurs l'herbe elle ne l'était guère, verte, car par chez nous c'est un peu la sècheresse.

 

Au détour d'un chemin on découvre donc cet insolite troupeau:

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On est bien obligé de s'approcher un peu pour constater qu'on n'a pas la berlue:

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Comme nous sommes extrêmement téméraires, après avoir vu les singes et les aigles (cf. articles précédents) plus rien ne nous fait peur, ce ne sont pas quelques bovidés qui vont nous effrayer...

 

Pas mêmes des comme ça:

 

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J'en passe et des meilleures. Si vous voulez toutes les voir j'ai publié un album où elles sont toutes rassemblées. J'ai essayé autant que possible de prendre ces oeuvres avec leur titre car certains ne sont pas dénués d'humour.

 

Voici un lien vers une page et un  petit reportage TV qui vous donneront de plus amples explications: http://www.demain.fr/entreprendre/initiatives/details-initiatives/annonce-initiative/les-vaches-de-la-chapelle-saint-geraud/

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 19:25

Lors de nos pérégrinations caussenardes (cf article précédent, je suis trop paresseuse fatiguée pour mettre un lien), et après un bon petit repas très local et diététique (rillettes de canard, confit de la même bête, pommes sautées et cabécou), nous nous sommes acquittés de la seconde partie de la promesse faite aux enfants: aller voir les aigles sur leur fameux rocher.

Le «Rocher des aigles» est en fait un parc ornithologique créé en 1977 et qui compte aujourd'hui plus de 400 oiseaux de 60 espèces différentes, des rapaces (diurnes et nocturnes) et des perroquets. Outils pédagogique et scientifique à la fois il permet aux visiteurs de mieux connaître ces animaux qui ont longtemps souffert de mauvaise réputation: je pense à ces malheureuses chouettes et hiboux que l'on a cloués sur les portes des granges durant des siècles afin de conjurer le mauvais sort.

 

Le parc possède toute une partie destinée à la reproduction de toutes ces espèces dont certaines sont en voie de disparition, mais il y a également une partie permettant l'observation de ces rapaces au plus près: les oiseaux sont attachés par les pattes afin qu'ils ne s'échappent pas bien sûr mais leurs mouvements ne sont pas complètement entravés et ils peuvent aller librement dans leur petit coin. C'est extraordinaire de voir ces animaux normalement si lointains d'aussi près. J'ai toujours eu une fascination pour les rapaces, ils sont si majestueux, puissants, élégants, discrets et surtout tellement utiles à la nature. D'ailleurs en pensant au rôle nécessaire que jouent les charognards que sont les vautours par exemple je me suis fait la réflexion que finalement au milieu de toute la biodiversité et si on considère la nature dans son ensemble, l'espèce humaine est la seule qui soit (avec le frelon et la guêpe, j'ai un vieux contentieux avec ces deux) parfaitement superflue sur la terre: toutes les autres espèces animales ou végétales sont utiles et indispensables alors que la nature pourrait fort bien se passer de l'homme... Elle ne s'en porterait même que mieux.

Mais revenons à nos moutons, enfin nos rapaces. Non content de nous permettre de les observer dans leurs enclos sans grillage ou derrière le grillage dans de grandes volières, le parc du Rocher des aigles présente aussi deux spectacles étonnants de vol libre, un sur les rapaces et l'autre sur les perroquets. Voir évoluer en liberté ces oiseaux immenses et majestueux (oui je sais je me répète mais les mots me manquent), obéir aux gestes des dresseurs qui les rappellent puis voir fondre ces énormes bêtes à toute vitesse au dessus de nos têtes, franchement c'est impressionnant. Les rapaces qui sont dressés pour ces spectacles, une fois revenus au sol (certains restent longtemps dans le ciel, prenant tout leur temps et ignorant les consignes mais finissant toujours par revenir) se promènent parmi le public, parce que pour le coup le spectateur devient pour l'animal une curiosité, et ils semblent presque des animaux de basse-cour, mais qu'on ne s'y fie pas, ils restent de dangereux prédateurs au bec et aux serres redoutables. Mais c'est vraiment une occasion unique de pouvoir les observer de si près. Un des moments forts du spectacle avec les rapaces c'est lorsque l'on se retrouve assis par terre jambes allongées et qu'un grand vautour de près de dix kilos nous marche dessus, là aussi c'est quelque chose d'unique. Les enfants adorent également lorsque les dresseurs leur posent sur la tête un tout petit rapace dont j'ai bien sûr oublié le nom, ou lorsqu'ils leur font donner des graines de tournesol aux perroquets.

Moi qui répète autant que je le peux à mes enfants que les animaux sont faits pour être en liberté, et que je déteste notamment les oiseaux en cage, j'espère qu'ils auront été sensibles à toute la beauté de ces animaux lorsqu'ils sont (presque) libres.

 

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Voilà comment j'ai appris que j'avais enfanté un perchoir...

 

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Dur dur d'être une star, le spectacle l'a tellement épuisé qu'il dort debout le pauvre...

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 12:00

Nous, contrairement à certaines personnes pourtant très haut placées et qui devraient donner l'exemple, nous disais-je, on tient nos promesses: cela faisait des mois que nous disions aux enfants que lorsque leur père serait en vacances nous les emmènerions voir les singes et les aigles à Rocamadour. Après deux semaines à ne pas faire grand chose il a fallu s'exécuter. Manque de chance nous avons choisi le jour probablement le plus chaud du mois, voire de tout l'été (il a fait 44° à Clermont, j'imagine qu'on a dû frôler les 45° sur le Causse). Mais nous n'avons pas failli et sommes donc partis pour aller passer la journée du côté de Rocamadour.

 

Notre première étape a donc été, comme promis, la «Forêt des singes». Il s'agit d'un parc d'une vingtaine d'hectares, dans lequel évoluent en liberté plus d'une centaine de singes Magots ou Macaques de Barbarie. À l'entrée du site on distribue des poignées de pop-corn que l'on peut donner aux animaux: évidemment les enfants étaient ravis et très impatients de découvrir les premiers spécimens. En fait il y en a partout: sur les pelouses, dans les taillis, sur les arbres, les petits murets et mêmes les bancs qui sont à l'origine destinés aux visiteurs. Ces petites bêtes sont charmantes mais n'ont aucun savoir-vivre.

 

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Une sorte de grotte a été aménagée pour que les singes puissent aller se mettre un peu au frais et profitent d'une petite cascade. D'ailleurs un bon vieux pépère s'est trouvé un coin bien tranquille pour y faire sa sieste à l'abri des jeunes turbulents.

 

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Au détour d'un sentier on profite d'un joli panorama sur l'éperon rocheux qui abrite le village de Rocamadour dont on ne voit ici que l'Hospitalet, la partie haute.

 

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Ce parc de la «Forêt des singes», créé en 1974, a plusieurs vocations: il s'agit bien sûr de présenter au public ces petits animaux, qui sont menacés, tout en le sensibilisant à leur devenir, mais il s'agit aussi d'un centre d'étude et d'observation ainsi que d'une réserve destinée à renforcer les populations, d'ailleurs des groupes entiers sont régulièrement réintroduits dans leur milieu naturel dans le Moyen-Atlas marocain.

Les singes semblent avoir trouvé sur ce coin du Causse un milieu parfaitement adapté à leur vie puisque rien que cette année il y a eu six naissances entre avril et juin.

 

Évidemment les enfants ont adoré pouvoir approcher de si près des animaux qu'ils ont peu de chance de retrouver dans les bois de Teyssieu. Bref un bon point pour les parents!

 

Prochain épisode, le rocher des aigles.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 09:33

Depuis le temps que je tannais mon cher et tendre pour qu'il m'offre un peu plus de confort afin que je puisse accomplir dignement mes tâches domestiques, hé bien enfin il m' a offert le rêve de toutes les femmes: une cuisine entièrement équipée avec four, lave-vaisselle, la totale, le tout pour une somme modique et un encombrement minimum.

 

Merci chéri.

 

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Mes garçons vont pouvoir enfin avoir des occupations constructives et leurs femmes me remercieront plus tard.

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 07:08

Les enterrements, c'est souvent seule que j'y assiste, je n'y discute guère, parfois quelques minutes le temps de saluer un tel ou un tel. Aussi ai-je du mal à supporter le brouhaha qui règne au devant de l'église où se déroule cet office religieux. Oui je reste dehors parce que je n'arrive jamais en avance d'une part, et d'autre part j'ai toujours du mal quelles que soient les cérémonies (baptêmes, mariages ou enterrements) à supporter les discours lénifiants et stéréotypés des prêtres. Il faut dire que je suis allée à la messe tous les dimanches jusqu'à mon adolescence, j'ai eu le temps d'en faire le tour. Je sais bien que beaucoup de curés mettent du coeur dans leurs sermons et leurs prônes, d'autant qu'ils connaissent bien, surtout dans nos campagnes, les paroissiens, fussent-ils de parfaits mauvais chrétiens, qu'ils accompagnent jusqu'à ce qui doit être leur dernière demeure.

Ces conversations qui se déroulent à l'extérieur de l'église, elles sont la plupart du temps faites de choses tellement quotidiennes et entièrement étrangères à ce qui se déroule à l'intérieur... sauf quand il s'agit de médire que le défunt ou sa famille. C'est un tel contraste entre ces voix fortes, ces rires à peine chuchotés, ces conversations où l'on prend des nouvelles de tel ou tel autre, et ce silence qui règne à l'intérieur de l'église toute baignée d'un recueillement fait de réelle tristesse mêlée d'un silence poli.

Alors oui ça m'énerve souvent d'entendre de trop près ce bruit de la vie qui semble se moquer du silence de la mort.

 

Ce doit être que je n'aime pas la provocation.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 05:26

Il est vrai que je peux parfois être distraite, il m'arrive d'égarer certaines choses de temps en temps, je vous l'accorde mais c'est la plupart du temps la faute d'un tiers: ben oui ça n'est pas de ma faute si certaines personnes ne remettent pas les choses au bon endroit, c'est-à-dire l'endroit où MOI je les ai mises.

 

Trêve de plaissanterie: j'aimerais bien savoir où sont passées les trois dernières semaines, impossible de remettre la main dessus...

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:15

Qui a dit qu'une moto ne pouvait pas être un véhicule familial?...

 

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 12:58

Ou peut-être devrais-je dire « Sacré Jean-pitre »! Raffarin, c'est de lui dont il s'agit, a dénoncé je cite « la dérive droitière de l'UMP ».

 

Mince alors, l'UMP était à gauche avant ? On ne me dit jamais rien à moi...

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 07:32

Ça faisait bien longtemps qu'avec mon mari on s'était dit « Plus jamais on ne montera à Aurillac pour le  festival de théâtre de rue ». Et du coup on avait tenu bon plusieurs années. Mais cette année on s'est un peu fait avoir, on est monté à Aurillac au troisième jour dudit festival. Obligés d'aller faire un tour en ville on a quand même vu des trucs sympas notamment un duo de musiciens dont je n'ai pas retenu le nom mais qui ont mis le feu à la rue en faisant chauffer une simple guitare sèche et un accordéon qui avait l'air complètement possédé et survolté : putain ça nous a changé des éternels airs de musette infligés par la nièce de mon mari à chaque fois qu'on va chez elle ! Il y avait une bonhommie et un enthousiasme qui faisait furieusement taper des pieds et des mains et qui fleuraient bon l'influence probable de groupes comme les Berrichons de Blankass ou les Bretons d'Armens. Qu'est-ce que ça m'a fait du bien, et les enfants étaient ravis.

 

Franchement c'est ce qu'on a vu de mieux, à mon sens, le peu de temps qu'on a passé en centre-ville, mais évidemment tout ça c'est affaire de goût. Ceci dit il faut faire le tri parce qu'il y a des spectacles qui valent le coup et d'autres pour lesquels on a l'impression que n'importe qui peut s'improviser acteur d'un jour et proposer n'importe quoi... parce que vraiment parfois C'EST n'importe quoi. Mais ce qu'il y a de bien c'est qu'on part quand on veut, dès qu'on en a assez, et c'est ce qui oblige les comédiens à se surpasser : défier le spectateur pour qu'il reste jusqu'au bout. Heureusement que nous avons eu ce moment de pêche avec les musiciens parce que le reste de nos pérégrinations en cette fin d'après-midi chaude à tous les niveaux a consisté à essayer de se frayer un passage, « emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne » comme disait la Môme, au milieu de la faune habituelle du festival : jeunesse chevelue, poilue, dévêtue, affublée généralement de chiens et de fringues amples et ternes ayant passablement vécu...Comment vous les décrire de façon plus synthétique ? On dirait des babas-cools qui auraient perdu toutes leurs couleurs. Dernier détails, ils ont en général tous dans les mains une canette de bière, ou une bouteille d'eau minérale dans laquelle il est inutile de chercher la Volvic auvergnate mais pleines de liquides aux couleurs variées et fortement alcoolisés... Il paraît que le mélange local préféré est le « White-Coca », confectionné à base de Coca et de ...White Spirit. Si si , c'est ce qui se dit. Quoiqu'il en soit, on peut dire ce qu'on veut sur cette jeunesse, ils sont bien plus enclins à dire "pardon" quand ils vous bousculent que certaines pétasses embourgeoisées: alors que mon mari peinait avec la poussette de la petite à essayer de fendre la foule et presque coincé contre un poteau, voilà que deux pouffiasses, oui oui, c'est le mot qui me vient avant que je puisse en trouver un de pire, deux petites « bobos » d'une cinquantaine d'années venues s'encanailler dans la foule exubérante histoire d'avoir des trucs à raconter à leurs copines lors de leurs prochains dîners mondains,  nous ont carrément doublés en forçant le passage comme les petites vieilles qui vous doublent à la caisse l'air de rien, et encore elles se sont retournées en nous lançant un regard méprisant et hautain quand a râlé...Non mais je vous jure, et après on critique les jeunes...!

 

Enfin heureusement tout ça a été vite oublié le soir lorsqu'après dîner on a emmené les enfants voir un spectacle d'une beauté et d'une poésie merveilleuses : c'était une véritable féérie faite de sons et de lumières projetées sur la façade d'un bâtiment aux nompbreuses fenêtres qui faisaient partie intégrante du décor projeté. C'est impossible à décrire tellement c'était beau : sur un mur perpandiculaire à la façade illuminée était projetée l'image d'un petit garçon en train de dormir, et sur le mur en face de nous était projeté son rêve.

J'ai bien tenté quelques photos mais ça n'est vraiment pas terrible, et j'ai essayé de filmer un petit bout avec mon APN mais ça n'est pas terrible non plus.

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 Je vous mets en lien l'adresse du site de la compagnie Spectaculaires, créatrice de ce spectacle, vous pourrez ainsi avoir un aperçu de leurs talents, et j'espère que quelqu'un mettra en ligne le spectacle d'Aurillac parce que vraiment c'était enchanteur.

 

http://www.spectaculaires.fr/

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 21:52

 

...ou « quand c'est la merde, c'est la merde ».

     Je connaissais cette maxime (celle du titre) et je voulais bien lui reconnaître une certaine sagesse, cependant je n'arrivais pas à croire qu'essayer de faire mieux que ce qu'on a déjà fait puisse être un travers. J'avais tort et j'en ai fait la désagréable expérience.

J'avais passé deux couches d'huile sur le parquet de la future chambre de notre petite dernière, je trouvais ça très joli, avec un rendu satiné très doux qui mettait en valeur le veinage du bois (du pin pourtant banal), bref il n'y avait plus qu'à installer le lit de la petite pour la voir enfin quitter notre chambre qu'elle squatte tout de même depuis plus de dix-huit mois. Mais mue soudain par un désir de perfection, moi qui suis ordinairement (en dehors du travail, que mes clients se rassurent !) assez encline au dilettantisme, surtout en bricolage, ne voilà-t-y pas que je me lance dans une troisième et, croyais-je, dernière couche ! Sauf qu'entre la deuxième et celle que je me suis escrimée à passer s'étaient écoulées plusieurs semaines, quelques petits mois même, et du coup je crois bien que l'huile s'était passablement dégradée dans son pot. Résultat : une épaisse couche visqueuse qui n'était toujours pas sèche au bout de deux longues journées. J'aurais bien attendu encore un ou deux jours de plus histoire de voir ce qu'il en retournait, des fois que les choses s'améliorent aussi miraculeusement que la marée noire de B.P. Hélas c'était sans compter sur mon cher et tendre qui décida de traverser, deux fois car il y en a deux, afin d'aller fermer les fenêtres. Non mais de quoi je me mêle ?! Voilà ma jolie chambre sillonnée de deux pistes de petits petons quarante-trois fillette et tout à recommencer ! J'enrageais d'autant plus que si j'avais voulu passer une troisième couche c'était aussi en partie parce que des peintres amateurs avaient un peu salopé par endroits mon si joli plancher et que je pensais ainsi pouvoir faire disparaître ces traces. Bref pour rattraper tout ça me voilà bien obligée de me lancer dans une quatrième couche afin d'effacer les arpions disgracieux : munie de mon spalter je repasse une fine couche d'huile que je prends bien soin de faire tirer au maximum, me disant, toujours aussi naïvement, que ça devrait sécher en deux coups de cuillères à pot. Que nenni point du tout : deux jours plus tard non seulement ça n'était pas sec mais en plus mon pinceau visiblement aussi fatigué que moi en avait profité pour perdre négligemment quelques poils, créant du coup un nouveau genre de revêtement, mi-parquet, mi-moquette dans lequel en outre étaient venues s'agglomérer de minuscules fleurs de bouleau passées par les fenêtres ainsi que quelques bouloches disgracieuses ayant voleté d'on ne sait où (qui a dit « des moutons venus des pièces voisines »?) Là j'étais à deux doigts de mettre le feu à la maison lorsque me vint l'idée totalement saugrenue (et là vous allez vous demander si je ne suis pas blonde) de jeter un oeil au mode d'emploi du bidon : on a de ces idées parfois. J'y apprends qu'il faut essuyer au chiffon avant le séchage, chose que je n'avais bien sûr pas faite pour les premières couches qui étaient pourtant parfaites, ni pour le plancher des pièces précédentes, des années plus tôt, et qui sont toutes aussi jolies. C'est donc armée de chiffons que j'essuie ma quatrième couche pas encore sèche mais suffisamment toutefois pour que le chiffon s'y colle et n'essuie rien du tout ! Je vous le disais bien « Quand c'est la m... » ! Je me vois donc dans l'obligation de remettre un peu d'huile : vous suivez bien, on en est à cinq couches, disons quatre et demi. Vous n'allez pas me croire si je vous dis que trois jours plus tard certains endroits n'étaient pas secs et présentaient des traces de pinceau (alors que j'avais tout bien frotté au chiffon) et d'autres étaient parfaitement secs...et sans la moindre trace d'huile apparente, le bois étant aussi brut que lors de la pose. Alors là je dois dire que j'étais au bord du nervous breakdown, prête à jeter l'éponge, le chiffon , le pinceau, tout ce qu'on veut, et voyant déjà se profiler le spectre de notre fille toujours dans notre chambre à la veille de passer son Bac. C'est sûrement cette vision apocalyptique qui a suscitéun éclair salutaire dans mon esprit : bon sang mais c'est bien sûr, ça ne peut venir que de l'huile, elle a dû tourner, virer que sais-je, enfin elle n'était plus bonne à rien quoi. Évidemment je lui avais bien trouvé une consistance un peu épaisse, mais ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas ouvert ce pot que je ne me rappelais plus de sa consistance normale.

Voyant dans cette hypothèse mon salut je file acheter de l'huile « neuve » et en passe donc une... sixième couche. Bien qu'extrêmement sceptique devant ce liquide laiteux qui ne ressemble en rien au souvenir que j'avais des huiles passées précédemment, celles qui avaient bien marché, je me refuse à toute analyse et passe consciencieusement le produit, lame après lame, puis je ferme la porte sur le chantier, bien résolue à ne pas la rouvrir avant plusieurs jours. Évidemment je ne suis qu'une fille, donc dévorée par la curiosité je ne peux m'empêcher d'aller jeter un oeil quelques heures plus tard, prête à une nouvelle catastrophe. Hé bien vous savez quoi ? On a beau être vendredi treize le miracle a pourtant eu lieu : un joli sol bien lisse et satiné, sur lequel les doigts ne laissent aucune trace, sec et tout et tout... Je n'en reviens tellement pas que ça fait plusieurs fois que je monte pour vérifier que je n'ai pas rêvé ou que tout ne s'est pas soudain détérioré.


C'est tellement beau que je me suis dit l'espace d'un court instant que je pourrais en passer une petite dernière pour peaufiner tout ça. Mais je SAIS à présent que le mieux est effectivement l'ennemi du bien ; alors j'ai déjà averti mon mari qu'il cache les pinceaux et le pot d'huile, des fois que je serais tentée...


P.S : Il n'a de toute façon pas besoin de les cacher : il suffit qu'il range quelque chose pour que ce soit définitivement perdu...

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