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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 21:28

Il y a quelque temps dans un de ses articles Sirius se félicitait de ce que la nature reprenait parfois le dessus sur les obstacles que l'homme mettait devant elle : il y montrait un arbre ayant comme avalé le fil de clôture qu'on lui avait imposé. Il n'était pas dit que la nature ségaline serait en reste pour ce qui est de se venger des méfaits humains. C'est ainsi que l'on peut observer à Teyssieu sur la Place du Foirail un beau specimen de platane : jadis, alors qu'il était bien plus svelte, le pauvre arbre a été affublé d'un cerceau métallique auquel on attachait les bestiaux lors des réputées foires du village («Je vous parle d'un temps que les moins de 50 ans...» etc). Mais si les foires ont décliné puis disparu le platane lui est toujours là et contrairement à la population teyssiolaise, il a continué de croître jusqu'à en avaler lui aussi le fer qui le tenait prisonnier: il ne reste qu'une partie de ces fers car l'autre a disparu comme digérée par l'arbre qui n'allait certainement pas se laisser abattre pour si peu.

Non  mais.

 

Platane Teyssieu

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 20:51

 

La Borne en fêteDécidément La Borne est toujours à la pointe de l'actualité. D'accord, de l'actualité locale seulement mais c'est déjà pas mal. Après avoir bien anticipé les frimas rigoureux du Ségala la voilà qui s'est parée de ses plus beaux atours afin d'être la plus belle pour aller danser. Enfin façon de parler car ce n'est qu'après moult boissons diverses et variées que certains pourront la voir danser, et là ils sauront qu'il est probablement l'heure d'aller se coucher. « Mais où va donc aller danser La Borne ?» me demanderez-vous. Eh bien au bal masqué organisé par l'association Anim'Laval à Laval de Cère le 12 février prochain.

 

Vous ne pourrez pas dire qu'elle ne vous a pas mis au courant...

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 21:42

 

J'ai entamé il y a quelques jours une nouvelle carrière, éphémère encore, celle d'agent recenseur : en effet la population teyssiolaise(car c'est ainsi qu'on appelle les habitants de Teyssieu) doit être recensée cette année, et j'ai été contactée par la mairie pour effectuer cette très officielle et néanmoins intéressante tâche. Avant d'effectuer le recensement de la population elle-même il a d'abord fallu faire une enquête préliminaire afin de relever toutes les adresses de la commune pour n'oublier personne. C'est ainsi que je me suis trouvée jetée sur les routes avec mes cartes de secteurs, mes copies de cadastre et mes listes de lieux-dits, certains dont je n'avais jamais entendu parler, ou bien que je connaissais sous un autre nom. J'ai commencé par un mercredi pluvieux : j'ai mouillé tous mes papiers, mais ils sont restés lisibles, j'ai ruiné une paire de bottes (pas prévoyante du tout l'agent recenseur : j'aurais dû opter pour des bottes en caoutchouc, bien plus adéquates en milieu rural humide) et ma voiture à la fin de la journée avait changé de couleur, du bas de caisse jusqu'aux rétroviseurs. Enfin j'ai tout de même découvert des coins de la commune dans lesquels je ne me serais jamais aventurée de ma vie sans ce prétexte, d'ailleurs j'en ai fait la remarque à la secrétaire de mairie qui se trouve être ma coordonnatrice communale (elle me chapeaute quoi, elle-même étant coiffée par son superviseur) dans un mail que je lui ai adressé et dans lequel je lui disais que j'avais survécu à un voyage au bout du monde, c'est-à-dire à La Sole et au Moulin de Paillargue, ce à quoi elle m'a répondu non sans humour que je serai dédommagée de mes frais de carburant mais qu'en aucun cas les billets d'avion pour le bout du monde n'étaient pris en charge par la commune...

Et pourtant, c'est peu dire que je suis allée dans des coins paumés. Mais il y a paumé et paumé. Vivre isolé sans voisins au milieu des châtaigniers ou au sommet d'une colline d'où le regard embrasse les collines avoisinantes et se perd à l'horizon, ça a de quoi combler les amateurs de solitude et de contemplation. Mais vivre en reclus au fond d'une vallée qui ne voit presque jamais le soleil, être obligé lorsque on veut rejoindre la civilisation de faire des kilomètres d'une route incertaine, franchement, ça fait réfléchir. Bon ne noircissons pas le tableau, ce n'est quand même pas l'enfer. N'empêche qu'il y a des moments où je me suis demandée quand j'allais arriver, si j'allais même finir par arriver d'ailleurs, et surtout si la route était carrossable jusqu'au bout. Imaginez-vous prendre une route s'enfonçant sous les arbres et qui descend inexorablement, tournant et virant sans cesse, vers le fond de la vallée, au fur et à mesure de votre voyage vous voyez le goudron céder insensiblement sa place aux cailloux, la route qui devient de plus en plus un chemin laisse deviner ça et là des plaques de terre d'où même les cailloux finissent par disparaître, et comme la nature est la plus forte elle réussit à imposer un peu de végétation entre les traces du passage de la dernière voiture (il y a deux, trois mois ?). Le côté rassurant de la chose c'est que vous êtes sûrs d'être sur la bonne route... car il n'y en a aucune autre. Là où l'agent recenseur commence à avoir des sueurs c'est quand elle aperçoit enfin la maison qui est marquée sur le plan, mais qu'elle s'aperçoit aussi que c'est tellement étroit qu'elle ne pourra jamais faire demi-tour avec sa voiture : hé oui car gourde comme elle est, au lieu de prendre le 4x4 de son mari elle a préféré prendre la grosse bétaillère à 7 places, tout ça parce qu'elle n'aime pas les CD qui sont dans le 4x4 ! La perspective de refaire deux kilomètres, qui en ont paru dix, en marche arrière n'est pas franchement réjouissante à ce moment-là du périple, je vous l'accorde, même pour les plus tordus.

Évidemment ces maisons ne sont en général que des résidences secondaires, et elles m'ont paru d'autant plus tristes pour certaines, que je les ai découvertes sous la pluie. Les gens du coin vous diront qu'il faut y être né pour pouvoir y vivre...Mais même ceux qui y sont né sont partis ! Ne restent que les Anglais et les Hollandais, visiblement de grands solitaires quoique forts sympathiques et pas du tout asociaux. Ceci dit j'ai découvert une résidence secondaire magnifique, pourtant au fond d'une vallée noyée dans la forêt elle aussi puisqu'il s'agit d'un moulin, une belle demeure qui malgré le temps des plus chagrins m'a parue très plaisante, avec son petit parc et son étang ; c'était mon jour de chance car le propriétaire des lieux était là, lui qui m'a dit n'y passer que quelques jours par an, et il a semblé très étonné lorsque je lui ai demandé pourquoi... Ces Parisiens alors, jamais contents...

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 08:18

Ne prenons pas les Ségalins pour des Parisiens : les premiers semblent plus prudents et disciplinés que les seconds. Et contrairement à Hortefeux et consorts, quand Météo-France nous annonce du froid et de la neige, ici on a tendance à l'écouter. C'est donc tout naturellement que la désormais célèbre Borne (oui je mets une majuscule car c'est un personnage) a revêtu les accessoires indispensables pour affronter le rude climat qu'on nous promet : gants et après-ski, c'était bien le minimum.

 

La borne bottée

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 13:29

On n'y croyait pas trop car on a appris à se méfier des emportements de Météo-France, pourtant ce matin il a bien fallu se rendre à l'évidence: il a bien neigé, et pas qu'un peu. Une bonne dizaine de centimètres, tout de même, et des petits oiseaux un peu impatients qu'on leur mette des graines sur les rebords des fenêtres.

 

 

Clin d'oeil à mon voisin qui regrette de ne pas être dans sa maison de Teyssieu pour pouvoir prendre des clichés, voici son lot de consolation...

Teyssieu 27-11-10

 

 

« Ce petit chemin, qui sent la noisette »...heu non, y'en a plus.

sentier 27-11-10

 

 

 Les arbres dépouillés de leurs feuilles et rhabillés de blanc, c'est joli non?

 

Teyssieu 27-11-10 arbres

 

Par contre, on voit bien que certains n'ont pas eu le temps de tomber leurs feuilles, fin novembre c'est peut-être un peu tôt finalement..Y'a plus d'saison ma pôv'dam:

Teyssieu 27-11-10 arbres 2

 

 

Certains prétendent que les gens à la campagne sont parfaitement stupides, si si. Mais mes voisins ne le sont tout de même assez pour aller décorer leurs arbres dehors: la nature sait s'embellir toute seule et les pommes qui n'ont pas eu le temps de tomber font de très jolies boules de Noël je trouve...  Teyssieu 27-11-10 pommiers

 

Certains de ses congénères s'évertuent à chanter les pieds sur un tas de fumier: celui-là ne chante pas hélas mais les pieds dans la neige il pourrait entonner « Tombe la neige »...

Teyssieu 27-11-10 girouette

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 14:20

 

100 2353

En passant et repassant devant la désormais célèbre borne à incendie j'ai fini par m'apercevoir d'une chose très étonnante: prise sous un autre angle que la photo que je vous ai déjà présentée, il m'a tout d'un coup sauté aux yeux...que le petit bonhomme en bois faisait bel et bien du stop! Le preuve avec ce cliché.





Et alors que je rangeais mon appareil et que je m'apprêtais à remonter en voiture, j'ai entendu quelqu'un m'interpeller de la maison voisine et me demander si cela me plaisait. Ayant répondu que oui je me suis empressée de demander à ce charmant monsieur s'il était l'auteur de cette oeuvre. Et là je dois dire que concernant cette borne je me suis bien fourvoyée en pensant qu'il s'agissait de petits jeunes un peu désoeuvrés pendant leurs vacances, car l'auteur de ces facétieux déguisements est en fait un jeune retraité parisien installé à Laval de Cère depuis quelques années seulement et dont la seule motivation, outre un joli sens de l'humour, est de mettre un peu d'animation devant sa maison et de distraire les nombreux randonneurs qui passent par là; il m'a expliqué qu'il adorait voir les sourires illuminer les promeneurs devant ses créations, et les discussions qui s'engageaient avec eux ensuite. Bref cette borne est un véritable vecteur de communication, un prétexte à la rencontre de l'autre, un bon moyen de sortir de l'ennui qui engourdi parfois nos campagnes et de mettre un peu d'humour et de poésie sur nos trajets quotidiens.

 

Et je puis à présent vous livrer un scoop: l'artiste réfléchit en ce moment à sa prochaine oeuvre, suite donc prochainement j'espère pour l'épisode n°3 des aventures de la borne.

 

 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 13:31

Mes lecteurs fidèles et surtout locaux se rappellent peut-être qu'il y a quelques temps des petits facétieux avaient revêtu une borne d'incendie pas loin de chez moi des attributs de Dark Vador: pour mémoire vous pouvez aller voir ICI. J'avais bien fait de prendre ce cliché car quelle ne fut pas ma surprise de découvrir deux jours après que le déguisement de la borne avait disparu: là je me suis dit « C'est pas possible, il y a un cafteur parmi mes lecteurs!» Mais les joyeux drilles sont probablement de retour et ce matin en repassant devant la borne je n'ai pu m'empêcher de prendre cette nouvelle photo:

 

100 2311

 

N'est-elle pas mignonne cette fois-ci, parée des atours de l'automne et avec ce petit foulard qui l'humanise si bien. Je ne sais si ce petit pantin va rester bien longtemps, mais je me dis que si la dernière fois on pouvait arguer que le déguisement cachait la borne il n'en est rien cett fois-ci, et même complètement bourrés les pompiers pourront toujours la retrouver (et  je me dis aussi qu'on aurait  dû les laisser peintes en rouge, on les voyait tout de même mieux. Passons).

 

Ah ça fait plaisir de voir qu'il y a des créatifs prêts à faire feu de tout (petit) bois, qui plus est des adeptes du recyclage, et il me tarde déjà d'être aux vacances de Noël pour voir ce qu'ils vont trouver de nouveau. Rendez-vous donc pour un prochain épisode des aventures de la borne.

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 13:16

Depuis des jours et des jours que je passe devant ce n'est qu'hier que j'ai enfin vu le Dark Vador qui trône dans un virage sur la route de Teyssieu à Laval-de-Cère. Mon mari m'a dit que ça faisait des semaines qu'il était planté là, sans doute à attendre que je l'aperçoive enfin!

 

Des petits plaisantins se sont amusés à décorer une borne d'incendie certes bien commune: là c'est sûr que ça en jette davantage que le banal rouge pompiers. J'espère qu'ils arriveront tout de même à la retrouver en cas d'incendie...

 

Dark-Vador-in-Segala.JPG

 

Et après on dit qu'il ne se passe rien à la campagne...

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 07:40

Il y a quelques jours il a été à nouveau question de la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Nous dans le Lot on fait bien plus fort : on a introduit le dauphin dans la Cère. Si si, c'est vrai, j'ai même une photo qui le prouve:

 

sculpture Gagnac 1

 

Il y aussi une autre espèce de poisson, mais je ne saurais dire de quoi il s'agit, peut-être un esturgeon, avis aux spécialistes:

 

sculpture Gagnac 2

 

Tout cela est l'oeuvre d'un menuisier ébéniste qui habite au bord de la Cère, au Port-de-Gagnac. Voilà une jolie façon de mettre en avant ses talents, et un certain sens de l"humour.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 13:19

Sousceyrac, Prunet

 

 

                Les choses sont curieuses parfois: j'habite à quelques kilomètres à peine de Sousceyrac et je savais qu'il existait un roman bien connu qui s'y déroule, "Le déjeuner de Sousceyrac" de Pierre Benoît. Pourtant je n'avais jamais eu ni l'occasion ni la curiosité de le lire. Il faut dire que je me méfie des romans dit "régionaux" et encore moins sur ce qu'on appelle "les romans de terroir" car j'ai toujours l'impression que les sujets se répètent: la vie rurale, le monde paysan, souvent en période de guerre, etc.

 

Certes Pierre Benoît, illustre académicien (mais est-ce une référence?) n'a pas grand chose à voir avec le genre d'auteurs pré-cités (que néanmoinsje respecte parfaitement) et ses romans non plus. De lui j'avais lu L'Atlantide et n'en avais gardé que le souvenir d'une lecture agréable, rien de plus. Mais l'autre jour, alors que délaissant mon stand assailli par les visiteurs à la foire du livre de Saint-Sozy je suis allée faire un tour chez les bouquinistes voisins, je suis tombée sur un exemplaire de ce roman: la curiosité (qui a dit le désoeuvrement?) m'a fait me dire "Bon c'est trop bête, je vis à côté de Sousceyrac, ce serait trop bête de ne pas aller jeter un coup d'oeil à ce livre". Je l'ai lu en quelques jours, et je dois dire que là encore j'ai trouvé cette lecture très agréable. J'ai été en outre ravie de pouvoir si bien visualiser les lieux où se déroulent les différentes scènes et que je connais fort bien pour y passer régulièrement: noms de familles, lieux, tout me semblait familier, ça m'a causé une drôle d'impression car j'ai l'habitude de lire des romans dont les actions se déoulent dans des lieux que je ne connais parfois que de nom, ce qui me dépayse quelque peu même si ce n'est pas vraiment le but recherché.

Ce que j'ai aimé surtout ce sont les première pages dans lesquelles Pierre Benoît dresse un portrait du Ségala et de ses habitants: ce blog est un lieu parfait pour vous les livrer:

 

"C'est un sauvage et dur pays que le Ségala, l'un des plus écartés, des plus ignorés de France. À la lisère du Cantal et du Lot, il n'est plus le Quercy sans être tout à fait l'Auvergne. Abrupt plateau de roches schisteuses, de granits, de grès, il s'élève par étages, sous les nuées, avec ses noires châtaigneraies, les maigres champs de seigle auxquels il doit son nom, ses landes qu'au crépuscule les troupeaux désertent, et dont les bruyères agitées sans fin par le triste vent de la nuit demeurent seules sous les étoiles.

À cette rude région correspond une race plus rude encore, une race hostile aux innovations, farouchement cramponnée au sol. De Labastide du Haut-Mont, qui est la commune culminante de la région, on aperçoit, paraît-il, quand le temps est clair, les Pyrénées. Mais qu'importe à l'homme du Ségala, cette fantasmagorie bleue et rose! Il ne se laisse pas séduire; il n'émigre pas; il n'abandonne pas son aire. On raconte qu'il existe là-haut, dans la forêt, entre Gorse et Sénaillac, de vieilles paysannes qui ne savent même pas ce que c'est que le chemin de fer.

Truites et écrevisses peuplent à foison les torrents du Ségala; ses taillis regorgent de sangliers; les bécasses se coulent parmi les ronciers; les perdrix grises se hâtent parmi les airelles. Le rare touriste que le hasard aura conduit dans cette étrange contrée peut sans remords garder un souvenir attendri de ces succulents trésors. Les gens du lieu les lui prodigueront avec d'autant plus de munificence que, personnellement, ils ne songent guère à en abuser. Ils n'ont d'amour que pour le lopin de terre qu'ils possèdent, il n'ont de haine que pour leur voisin, détenteur du lopin de terre qu'ils convoitent. Tel est leur grand, leur unique souci. La passion du sol à conserver, à conquérir, les a marqués de façon profonde. Elle a fait d'eux des avares effrénés. Et cette avarice à son tour les a rendus plus processifs que les habitants de n'importe quelle autre province.Il n'est point d'études de campagne qui chôment moins que celles des notaires du Ségala. Sur leurs bancs de hêtre luisants, elles voient, aux jours de marché, s'asseoir une clientèle opiniâtre. Les yeux brillent d'un feu taciturne sous les chapeaux de feutre noir. Le poing se crispe sur le bâton de houx. Les dents serrées ne laissent passer que les paroles comminatoires. De Tulle à Figeac, d'Aurillac à Cahors, gens du causse, de la montagne ou de la plaine connaissent et raillent ce sombre esprit de chicane dont sont possédés leurs âpres voisins; on réprouve le peu de scrupule des moyens qu'ils mettent en oeuvre pour le satisfaire. On ne craint pas d'insinuer que l'étymologie de Latronquière, leur rustique capitale, pourrait bien être LATRONUM QUIES, "asile de larrons"... Eux laissent dire. Ils ne daignent pas protester contre une réputation exagérée peut-être, mais qu'en tout cas les événements dont on va lire le récit ne contribueront guère à démentir.

Encore un coup, d'ailleurs, que leur importe! N'ont-ils pas assez à faire avec leurs querelles, avec leur lutte contre un climat, une nature qui durant un tiers de l'année, les retranche du reste du monde? La neige assiège les villages au fond des vallons, bloque les fermes qui, de décembre à mars, ne recevront plus la visite du vétérinaire, ni quelques unes même celle du facteur. Totalement dépouillés de leurs feuilles, les arbres balancent sur le ciel blême des rameaux qui ont l'air d'avoir été calcinés par un incendie, si noirs qu'ils semblent fous d'espérer du printemps qu'il les fasse jamais refleurir.

Et pourtant, il opère ce miracle. Il revient, et il est adorable, avec la soudaine invasion de ses colchiques, de ses centaurées ressuscitées, de ses ruisselets qui dégringolent de toutes parts dans les prairies et se perdent en chantant sous les aulnes...Mais cette saison privilégiée, ainsi que l'été qui la talonne, dure peu. Très vite, l'odeur du bois mouillé, des feuilles sèches que l'on brûle, annonce le retour de l'hiver. Une sarcelle qui s'envole, une écharpe de brume autour des côteaux, une écharpe de laine au cou des enfants qui regagnent l'école, et de nouveau le Ségala se replonge dans son mystère, dans son engourdissement, dans sa mort."


 

Ça vaut son pesant de cacahuettes, hein? Certes ce texte date de 1931, et depuis quelques progrès sont arrivés dans le Ségala, ainsi les vieilles paysannes dont parle Pierre Benoît ont peut-être enfin eu connaissance de l'existence du chemin de fer.. à moins qu'elles ne soient mortes de froid dans leur ferme bloquée par la neige! Les choses ont tout de même un peu changé, rendez-vous compte, il y a même Internet à Teyssieu, alors...

Je ne me lancerai pas dans une analyse qui reprendrait point par point la vision que cet auteur nous livre de ma région, ce serait bien trop fastidieux mais si quelqu'un du coin est tenté, je serai ravie de lire sa prose! Ce qui ressort de tout ça c'est qu'en fait qu'il s'agisse du Ségala, de l'Auvergne, du Poitou ou de l'Alsace, à chaque fois qu'on évoque la campagne on a l'impression qu'il s'agit d'un autre monde, de préférence le bout du monde!

Bon tout ça n'est que littérature, et ce tout ce qui est mentionné n'est pas foncièrement faux, le Ségala reste pourtant une bien belle région pour qui aime la nature et la tranquilité.


 

Et heureusement que tout cela est bien écrit, car autrement, en langage plus "banal" cela reviendrait à dire "Le Ségala est un trou complètement paumé où on se caille, où il n'y a rien à faire et qui est peuplé de vieux paysans radins et de bêtes sauvages". Mais ça ce n'est absolument pas vrai...non, non, ça c'est le Cantal, ou l'Aveyron, rien à voir.


 

P.S: Voisins Auvergnats et Aveyronnais, ceci n'est comme d'habitude qu'une boutade...je préfère préciser avant de recevoir des mails d'insulte...

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