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Dans les allées du cimetière

  • La Ségaline
Dans les allées du cimetière

J'ai fait, le jour de la Toussaint, ma B.A en allant porter une fleur sur la tombe de mon père, je n'étais pas retournée dans ce cimetière depuis son enterrement, soit pas loin de deux ans. Je ne suis pas vraiment attachée à cette matérialisation de nos défunts, et je vois bien souvent dans les tombes une volonté de montrer aux autres quelque chose: montrer par le monument qu'on a choisi une certaine richesse, une prestance passée, comme une envie de perdurer au-delà de la disparition du corps, et dans le fleurissement des tombes une façon de montrer un attachement parfois bien hypocrite. L'empressement de certaines personnes à vouloir absolument fleurir les tombes à l'approche des cérémonies me fait souvent penser à une sorte de compétition où chacun pourra montrer qu'il tient plus à ses morts que son voisin simplement parce qu'il aura mis plus de chrysanthèmes. Chez moi la messe a été dite il y a déjà plusieurs jours, et les visiteurs du cimetière à la suite de cet office n'auront pas vu les fleurs que j'ai apportées aujourd'hui, seule dans ce petit cimetière bien fleuri jusqu'à la première bourrasque, jusqu'aux première gelées et jusqu'à ce que ces belles compositions soient toutes fanées. J'ai déjà fait ici il y a bien longtemps quelques réflexions sur mon penchant pour les cimetières, j'aimerais avoir le temps de m'y attarder davantage. "S'attarder" est bien le mot qui convient car c'est un lieu où le temps semble suspendu, celui des morts s'y est arrêté, du moins notre temps à nous vivants qui sommes éphémères alors qu'eux sont devenus immortels du moins éternels. S'y promener, à plus forte raison si l'on a la chance de n'y croiser personne, c'est un peu être dans une autre dimension, faire une pause dans sa course quotidienne, c'est très reposant. Il n'y a que les esprits étriqués, il me semble, pour y voir quelque chose de morbide.

En tous cas cela a inspiré des vocations, à l'instar de ce conservateur du patrimoine des cimetières parisiens, dont vous trouverez le portrait dans cet article très intéressant.

Et pour ceux qui sont sur les réseaux sociaux, vous pouvez aller découvrir La vie au cimetière sur Instagram

 

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L
Chacun sa perception, ses croyances et pour s'aventurer sur des modes de vie différents des nôtres, voici un reportage qui ne laissera pas de marbre .... si je peux m'exprimer ainsi.<br /> https://www.youtube.com/watch?v=ADNXBDarEkA
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L
Mon intérêt pour les cimetières n'irait pas je crois jusqu'à y habiter, néanmoins cela m'aurait plu je pense d'être gardienne de ces lieux si apaisants, de prendre soin de ces dernières demeures et pourquoi pas aussi d'entretenir les tombes des familles qui en sont empêchées par la distance ou le manque de temps. Un comble pour moi qui ne m'occupe que très peu des tombes de ma propre famille...
S
Je partage certains de tes points de vue, d'autres moins. Tout d'abord, le cimetière où repose ma famille (du côté maternel) étant sur le parcours de ma balade quotidienne, j'en pousse souvent le portillon. Rien à voir avec le Père Lachaise, ses mausolées et grands arbres, mais un modeste cimetière de campagne. Lorsqu'il fait beau et sec, je m'assieds sur une de nos tombes, et ai une pensée pour toutes ces générations, certaines que j'ai connues, d'autres pas. J'essaie d'imaginer les derniers, comment ils étaient et vivaient.<br /> <br /> Je n'ai pas le culte des morts et, fuyant les conformismes, ne me sens pas obligé d'y aller le jour de la Toussaint. J'entretiens un minimum notre rectangle, taille le rosier et fais de temps à autres quelques plantations. Depuis la génération de ma mère (ils étaient 8), un accord prévoit que seules les urnes trouveront place dans le caveau familial. Je trouve que le fait de ne pas pouvoir imaginer les squelettes a un côté très sain, et évite les pensées morbides.<br /> <br /> Je trouve que tu juges un peu sévèrement l'attitude des gens concernant les tombes, même s'il est vrai qu'un mausolée témoigne indiscutablement d'une certaine vanité. Et puis, c'est gaspiller de l'argent qui trouverait une bien meilleure utilisation auprès des vivants!
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L
Je n'ai pas encore choisi mon "mode de conservation" après mon trépas, mais je pense de plus en plus à la crémation, et ce que tu dis sur l'absence de squelette est très juste, je n'y avais pas pensé mais cela explique sans doute aussi en partie ce choix qui se dessine de plus en plus. Mais le plus tard possible évidemment.
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