L’été en Ségala
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L’été en Ségala, c’est se lever tôt pour pouvoir profiter d’un peu de fraîcheur, boire son café au bord de la terrasse et dans le silence d’une maison encore endormie. C’est écouter le silence de la forêt qui s’éveille peu à peu du concert de tous les oiseaux, les uns après les autres. C’est écouter le silence du village faussement endormi mais que pas un bruit humain ne vient encore troubler. C’est regarder les lumières changeantes du soleil qui arrive bientôt par-dessus les grands châtaigniers et qui filtre délicatement au-dessous. C’est respirer l’odeur de l’herbe fraîchement coupée et de l’humidité de la nuit qui s’évapore déjà aux premiers rayons de l’astre du jour. C’est le tilleul vrombissant des abeilles et des bourdons affairés.
L’été en Ségala c’est la torpeur des vieilles pierres écrasées de soleil, les grands arbres immobiles englués et pétrifiés par la moiteur de la mi-journée, pas un souffle dans les branches. C’est un peu de fraîcheur emprisonnée dans l’obscurité de la maison aux volets clos. C’est le silence de la nature qui attend sans bouger. C’est soudain le bruit des faneuses qui s’activent dans de grands nuages de poussière, et des tracteurs pressés avant l’orage. C’est le rugissement du tonnerre lointain et de la pluie qui arrive de la plaine.
L’été en Ségala c’est alors l’odeur délicieuse de la terre mouillée qui précède et accompagne les premières gouttes. C’est avec cette fraîcheur revenue le frisson qui court sur la peau encore toute moite de l’après-midi, la pluie succédant aux perles de sueur. C’est le retour d’un soleil apaisé au milieu du ciel tout lavé par l’averse.
L’été en Ségala c’est le calme revenu à mesure que s’approche la fin du jour, le bruit seulement lointain des dîners au dehors, sur les terrasses ou sous les arbres.C’est la nature redevenue silencieuse après le coucher des oiseaux, puis des hommes. C’est la danse des chauves‑souris autour de la maison, au son des minuscules crapauds des murets. C’est s’endormir sous un simple drap, les rideaux qui se balancent sous la brise de la nuit, bercé par le bruissement léger des feuilles.
L’été en Ségala c’est rêver qu’on ne vivra jamais qu’ici.
