La poutre et la paille
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Aux infos régionales Midi-Pyrénées je viens de voir un petit sujet touchant à un patrimoine très apprécié, et pas qu’ici. Des producteurs et des consommateurs se sont exprimés sur la confirmation de la Californie de continuer d’interdire toute importation de foie gras dans cet État. Les producteurs ne sont pas inquiets, leurs exportations ne s’étant jamais aussi bien portées, quant aux consommateurs ils s’en fichent comme de leur premier toast grillé.
Mais qu’est-ce qui peut bien motiver cette décision de justice me direz-vous ? Eh bien il s’agit pour les Américains de refuser la maltraitance faite aux canards, oies et autres palmipèdes. Personnellement j’apprécie le foie gras mais sans plus et je me sens, je l’avoue, toujours un peu coupable de déguster un morceau d’animal qu’on a volontairement rendu malade, parce que le foie gras ce n’est rien d’autre qu’un foie malade. Les producteurs ont beau dire que le gavage ne fait pas mal à la bête, je ne suis pas sûre que se voir enfiler un gros tuyau dans l’œsophage et ingurgiter passivement la pâtée jusqu’au trop-plein soit une expérience des plus agréables.
Néanmoins ce qui me fait doucement rigoler c’est l’attitude de donneur de leçons de nos amis américains. On a l’habitude mais tout de même. J’aimerais donc que ces gentils défenseurs des animaux se penchent sur les conditions de vie de leurs veaux, vaches et bœufs : des terres à perte de vue couvertes de bovidés sans le moindre brin d’herbe à croquer ni le plus petit arbre pour se mettre à l’ombre, des bêtes bourrées d’hormones et autres substances très réjouissantes qui finissent dans les assiettes californiennes et autres (j’ose espérer pas dans les nôtres).
Image tirée du blog Hoflandt nature
C’est vrai que ces vaches ont l’air d'être particulièrement heureuses, non ? Y'a pas à dire, le soleil californien, c'est beau. Quand je pense aux salers et aux limousines de mes voisins qui passent leurs journées vautrées dans l’herbe grasse et fraîche du Ségala et des contreforts de l’Auvergne… si elles savaient la chance qu’elles ont (même s’il vaut mieux qu’elles ignorent qu’elles finiront à l’abattoir).
