Les raisins de la colère... divine?
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Le printemps c'est le moment parfait pour la taille de la vigne, et cette année on ne se fera pas avoir comme l'année dernière. Oui car l'année dernière les ceps étaient magnifiques et la vigne pleine de promesses portait de lourdes grappes bien chargées en été, présageant de beaux fruits en septembre. Et que s'est-il passé, hein? Eh bien la cata, la bérézina, rien, nada: pas un fruit au moment de la récolte, tous étaient grillés, séchés, carbonisés sur place, pas même un petit grain pour les oiseaux.
Pourtant nous avions fait appel à une fine gâchette, enfin un fin sécateur plus exactement, ma mère en personne, vielle paysanne du Ségala qui a passé sa vie à soigner la vigne de la famille sans jamais boire une seule goutte de ce vin. On lui avait fait pleinement confiance et elle avait taillé avec dextérité, précision et savoir-faire nos quelques ceps indisciplinés. Alors quoi me diez-vous, maladie? fatalité? malédiction? Pas du tout, simple vengeance divine, car nous avons appris il y a quelques jours où avait été notre erreur: nous avons taillé un dimanche. Si, nous l'avons fait, nous avons osé. Il faut croire que le seigneur ne rigole pas avec le repos dominical.
Alors on ne va pas se faire avoir une deuxième fois, cette année on a taillé... un samedi. En espérant que ce n'est pas Yahvé cette fois qui va nous tenir rigueur de ne pas avoir respecté Sabbath...
Quoiqu'il en soit on a mis toutes les chances de notre côté en respectant ce vieil adage: "Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars" (ça rime en occitan). Non mais.
