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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 15:32

Bernard Lecherbonnier, Choisir le mot juste

Parmi mes récentes lectures, il y a ce petit essai de B. Lecherbonnier, Choisir le mot juste, ou comment éviter les erreurs de langage les plus courantes. Cet ouvrage se veut non pas un « art du bien parler » mais plus simplement les réflexions d’un amoureux de la langue sur les erreurs, les abus et les dérives de langage dans l’utilisation qu’en font certains, bref tout ce qui l’agace dans ce qu’il lit ou entend.

En voici un extrait qui traite de ce serpent de mer qu’est la réforme de l’orthographe et plus généralement de l’évolution de la langue française, notamment dans son enseignement : grandeur et décadence du français en quelque sorte, sans élitisme mais avec bon sens.

 

« Chaque époque met plus particulièrement en avant un certain nombre de points faisant débat et non résolus. Ce genre de retour en arrière nous incite tous à l’humilité et à la tolérance : l’usage finit souvent par primer et dans les cas où la compréhension et la richesse de la langue ne sont pas menacées, sans doute faut-il s’en accommoder. Mais cette optique tolérante ne doit pas pour autant déboucher sur une position laxiste. Je considère pour ma part que le linguiste ou l’amateur éclairé, qui a de l’intérêt pour les questions de langue, doit cultiver une attitude à la fois ouverte aux innovations, rebelle aux abandons prématurés et, je le répète, intransigeante quand la clarté, voire la subtilité, de l’expression orale ou écrite, est menacée, que ce soit par ignorance, snobisme ou relâchement. J’ai souvent l’impression que les grammairiens et les lexicologues, soucieux d’inscrire leur nom dans l’histoire du français, sont prêts à sacrifier un pan de la langue à leur vaniteuse gloriole. Dans le passé les écrivains rééquilibraient les abus de la paranoïa grammairienne. Leur influence a diminué au même titre que celle de l’Académie française à l’avantage de comités Théodule, composés de théoriciens écrivant pour la plupart comme des manches de pioche, qui fabriquent des réformettes d’antichambre. C’est ainsi que seraient nés dans les dernières années une réforme de l’orthographe et des décrets sur la féminisation des titres qui relèvent de la fantaisie technocratique. L’intention de simplifier l’orthographe est louable, mais le résultat n’est pas à la hauteur. Plus grave, une enseignante raconte dans un livre récent qu’elle s’est fait tancer par un inspecteur qui l’avait surprise à faire un cours de grammaire en cinquième. Des sanctions sont prises contre les maîtres qui veulent continuer d’enseigner le passé simple ou le subjonctif aux élèves : sans jamais en avoir informé la nation, l’inspection générale, le sérail privé du ministre de l’Éducation, a autorisé dans les programmes scolaires des coupes sombres attentatoire au génie de la langue. Comment s’étonner ensuite de ce qu’on entend à la radio et de ce qu’on lit dans la presse ?

Dans le primaire, depuis les années 70, l’institution a progressivement diminué de 630 heures le temps dédié à l’apprentissage du français. un ré-équilibrage mesuré était nécessaire en faveur d’un éveil de la curiosité en d’autres matières aussi passionnantes et importantes que l’histoire ou les sciences. Mais est-ce vraiment ce qui s’est produit ? Le balancier a été trop loin. Je suis convaincu que sacrifier les contenus disciplinaires pour transformer le cours de français en une sorte d’animation conviviale fondée sur la spontanéité des élèves (pour reprendre l’expression de Xavier Darcos, ancien ministre délégué à l’enseignement scolaire) a considérablement appauvri la formation des élèves. Cela vaut pour la connaissance de la grammaire comme pour celle de la littérature. Alain Viala, conseiller de deux ministres de l’Éducation successifs, déclarait crânement dès 1979 : « Les textes ne sont plus porteurs d’une vérité dont l’enseignant serait l’accoucheur. » Fermez le ban. Quelle plus belle définition, pourtant, du métier de professeur que celle d’ « accoucheur de savoir » ! Est-il besoin d’ajouter que ces manquements organisés aux missions de l’école desservent beaucoup plus les élèves de milieu défavorisé que ceux à qui leurs parents se feront un plaisir ou un devoir d’expliquer telle règle grammaticale ou tel texte classique ?

Le linguiste Alain Bentolila a souvent rappelé, dans ses travaux sur l’illettrisme, que « le sentiment d’enfermement qui naît de l’incapacité à exprimer sa pensée favorise souvent le passage à l’acte violent ». Le beau film L’esquive l’illustre fort bien. Mais pour s’exprimer avec efficacité, il faut connaître les bons outils et apprendre à s’en servir... C’est, n’en déplaise aux apprentis sorciers, le rôle de l’école.

Le monde économique et de la haute administration n’est pas exempt non plus de responsabilité, loin s’en faut, dans le mésusage et la déperdition du français. Les conseils d’administrations de nombreux grands groupes français se tiennent en anglais, les correspondances d’entreprise française à entreprise française s’échangent de plus en plus en anglais, Martin Bouygues diffuse ses notes internes en anglais. Louis Schweitzer, pur produit de l’élite à la française, a généralisé l’anglais dans les comptes rendus de réunion lorsqu’il était président de Renault. […] À quoi sert que le français soit une des langues officielles de travail de la Communauté Européenne si Pascal Lamy ou Nicole Fontaine utilisaient presque exclusivement l’anglais alors qu’ils étaient respectivement Commissaire et Présidente du Parlement ? En juin 2004, Jean-Claude Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne, s’est adressé au Parlement européen en anglais. Il est vrai qu’il n’en est pas à son coup d’essai : quand il dirigeait la Banque de France, il adressait les publications de cette vénérable institution aux autres banques françaises en anglais... Le désir d’être plus vite compris par le plus grand nombre, le devoir d’efficacité, que l’on doit bien sûr comprendre dans certains cas, n’excusent pas que, avec leurs hautes responsabilités, les personnages qui viennent d’être cités méprisent leur langue au point de ne plus la parler. »

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 13:24

Il l'avait dit, il le fait: comme quoi le candidat-président peut tenir des promesses quand il veut. Il avait dit "Une idée par jour" pendant la campagne... Bon c'est plutôt une connerie par jour, mais comme on s'y attendait, on n'est pas déçu. L'idée du jour c'est donc de faire passer le temps de présence des profs de collège de 18h à 26h. C'est vrai que ces feignants n'en foutent pas une, on peut bien les faire travailler presque 50% de plus et ne les augmenter que de 25%, ils s'en sortent toujours bien ces privilégiés.

Je ne sais pas depuis combien de temps Sarkozy, ni les autres politiques d'ailleurs, ne sont pas rentrés dans un collège ni n'ont rencontré de vrais gens, mais c'est peu dire qu'ils n'ont aucune idée de la réalité du terrain. Et il n'y a pas que dans l'éducation. 8 heures de présence en plus dans le collège, mais 8 heures à faire quoi? Si c'est pour aider les élèves en difficulté, être à leur écoute et un minimum disponible, encadrer des activités pédagogiques que Sarkozy se renseigne: ça les profs le font déjà. Si c'est pour assurer davantage de présence adulte, être à l'écoute des difficultés sociales ou familales comme il me semble l'avoir entendu dire, là il me semble que ce n'est plus le travail du prof, même si là aussi ils sont nombreux à la faire. Et puis entre nous 18h de cours par semaine c'est très rarement synonyme de seulement 18h de présence, car grâce au casse-tête des emplois du temps il y a bien souvent des trous partout entre les cours. Et je ne parle pas des profs qui travaillent sur plusieurs établissement où là ça devient parfois kafkaïen.

Quand j'étais prof j'ai eu la joie de travailler sur deux établissements (bien sûr éloignés d'une trentaine de kilomètres), avec deux disciplines à enseigner sur quatre niveaux, le tout revenant à 21h de cours il me semble. Quant à ma présence dans ces établissements je ne l'ai jamais calculée mais étant donné le nombre de trous que j'avais dans mon emploi du temps, parfois trois heures entre deux séances, je crois que j'ai eu mon compte. Bien sûr que j'en profitais pour corriger des copies ou préparer des cours mais il m'est aussi arrivé de devoir surveiller une étude ou le devoir sur table d'un collègue qui était absent, il m'est arrivé aussi de reprendre une leçon ou un point particulier avec un élève, donnant ainsi un cours particulier ce qui est interdit, il m'est même arrivé d'être une épaule compatissante à l'écoute pour certains élèves qui n'avaient vraiment pas la vie facile. Et une fois rentrée chez moi je n'avais toujours pas fini car qu'on se le dise, si on veut faire bien ce métier, ce n'est jamais fini.

Alors la brillante idée de Sarkozy, vous me permettrez de ne pas dire ce que j'en pense.

 


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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 21:25

Pauvre petit coq tricolore qui n'en peut plus de s'époumonner depuis ce matin, enfin depuis que cette nuit le cinéma français s'est retrouvé oscarisé par le tout Hollywood. Il y a bien quelques grincheux pour grincer des dents et dire que c'est, entre autres choses, le résultat d'une stratégie de communication qui ferait pâlir d'envie certains candidats à l'élection présidentielle, qu'il n'y avait pas vraiment de concurrence en face, etc.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c'est quand même pas mal pour le cinéma français qu'un film avec un titre en anglais et qui est un hommage au cinéma américain soit récompensé aux Oscars, non? 

Et bravo à John Ofthegarden.

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:52

Je crois que c'est le grand philosophe Coluche qui disait que pour ce qui était du compte en banque la fin du mois ce n'était rien, c'était les 30 derniers jours qui étaient difficiles, ou quelque chose d'approchant.

C'est l'avantage avec le mois de février: ça ne fait que 28 jours de découvert, au pire 29 les années bissextiles. 

Les bonnes nouvelles sont rares en ce moment, faut les savourer.

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 16:51

Dans sa dernière intervention télévisée (encore une!) N. Sarkozy a avoué, même timidement (il ne faut pas exagérer non plus) qu'il regrettait cette fumeuse fameuse soirée au Fouquet's après son élection, et admet que si c'était à refaire il ne le referait pas.

Et pour cause: depuis cet établissement huppé a été retrogradé en brasserie populaire. 

On veut bien faire peuple mais faut pas pousser...

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 12:37

Selon Marine Le Pen, toute la viande commercialisée en Île-de-France serait allal.

Toute? Mais non, pas le cochon au moins.

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 22:58

On a beaucoup entendu de critiques ces derniers temps concernant le modèle allemand , et on reproche à certains de vouloir s'en inspirer. Certes, copier c'est pas bien.

N'empêche il est des idées qu'on pourrait fort bien importer. Par exemple leur président vient de démissionner.

Je dis ça, moi je dis rien...

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:28

La candidature officielle de Sarkozy en direct à la télé...

ou l'annonce faite aux marris...

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 13:52

Il va en être de ce blog comme de mon journal intime: je vais finir par l'ouvrir et frôler l'infarctus en voyant la date de mon dernier article...

Alors quoi, me direz-vous? Suis-je congelée au fin fond de ma campagne? Ne suis-je plus ulcérée par l'actualité pourtant riche en occasions de s'énerver? Ou bien tout simplement n'ai-je plus envie d'écrire ici? Il y a un peu de ça je crois.

Ou bien serait-ce que je suis plus intéressée par ce qu'écrivent les autres? Il y a un peu de ça aussi. J'ai dévoré quelques livres récemment, et comme en ce moment, hibernation oblige, ma paresse n'a d'égal que ma fainéantise, je crois bien que je vais me contenter pour aujourd'hui de vous livrer quelques passages qui m'ont bien plu.

Par exemple si je devais recommander un petit livre à ceux qui aiment comme moi les surprises linguistiques, je ne saurais trop leur recommander  Anagrammes renversantes de Jacques Perry-Salkow et Étienne Klein. Ces deux passionnés de la langue française, l'un étant musicien et l'autre physicien (personne n'est parfait), se sont amusés à recenser quelques anagrammes amusantes, émouvantes ou simplement bien senties qui révèlent ainsi toute la richesse et la facétie dont sont capables les mots et dont on se dit parfois qu'ils doivent avoir une vie autonome. Voici deux exemples grapillés.

 

Le Canard enchaîné: journal satirique paraîssant le mercredi (jour des débats de gamme à l'Assemblée Nationale), qui ne se voile pas la farce, contrepète au nez des politiques, boit Allah santé des cathos et, quand la réalité dépasse l'affliction, brandit la canne de l'anarchie.

L'Entreprise Total Fina Elf = Spleen et littoral raffiné.

 

Je vous conseille vivement la lecture de cet ouvrage qui se lit l'espace d'une soirée et qui remplace fort avantageusement n'importe quel programme télé du moment...


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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 09:12

Petites phrases assassines, rumeurs, manipulations des chiffres: encore trois mois de ce régime...

Vivement l'éjection présidentielle.

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